exposition

Au début du XIXe siècle, les travailleur·euses protestaient contre des conditions de travail injustes en travaillant délibérément mal, en ralentissant ou détériorant la production ou encore en mettant les machines hors service. Les travailleur·euses d’aujourd’hui — qu’il s’agisse de manutentionnaires ou d’employé·es de start-up — déploient des tactiques de micro-résistance pour contrer l’intensification du travail dictée par les algorithmes, dénoncer les abus sur le lieu de travail, déjouer les algorithmes et organiser une riposte collective.

Les artistes contemporain·es aussi adoptent le sabotage comme stratégie pour dénoncer et saper les systèmes oppressifs. Comme une forme de résistance créative faisant le lien entre les luttes ouvrières historiques et les combats modernes contre l’exploitation, la marginalisation et les atteintes à la démocratie.

L’exposition invite à réfléchir à des questions urgentes : où se trouvent aujourd’hui les actes créatifs et les « technologies de la déstruction » qui perturbent les mécanismes d’exploitation du capitalisme ? Comment les artistes mobilisent l’inventivité, la fiction et la ruse pour produire une « poésie du dysfonctionnement » ? Et enfin : les machines rejoindront-elles la rébellion ?

commissaire d’exposition Régine Debatty en collaboration avec Total Refusal

avec Younes Baba Ali, Fayçal Baghriche, Gisela Carbajal Rodríguez & Felix Klee, Shannah Legrin, Adrian Melis, Amor Muñoz, Juan Obando & Yoshua Okón, Selma Selman, Maarten Vanden Eynde…

> //Sabotage, exposition
> du 21 octobre au 21 février, iMal, Bruxelles (Belgique)
> https://www.imal.org/fr/events/sabotage

Elektra Biennale 2026

Depuis quelques années, les jeux vidéo, et les références qui leur sont associées, occupent une place de plus en plus importante dans l’art contemporain… Une nouvelle génération d’artistes utilise les jeux et les jeux vidéo comme un mode d’expression naturel, mais aussi comme un moyen d’articuler son rapport au passé, à la culture contemporaine et à la société.

Pourtant, il existe une histoire parallèle, ancrée dans les communautés de création de jeux expérimentaux, où ce médium est exploré de manière radicale depuis les années 1980. Ces créateur·ices ont façonné la forme, l’esthétique et les possibilités du médium, élargissant et repoussant les limites du jeu en tant que forme artistique.

La 8e Biennale ELEKTRA rassemble deux trajectoires parallèles d’expérimentation : d’une part, des artistes qui intègrent le jeu dans l’art contemporain, et de l’autre, des créateur·ices issu·es du game design.

F(R)ICTION met en lumière ces trajectoires pour en révéler les priorités et les esthétiques sous-jacentes… L’exposition reflète la diversité des expressions et des perspectives qui ont façonné la création de jeux expérimentaux, en réunissant des créateur·ices de différentes générations, origines et régions du monde.

F(R)ICTION unit deux idées : la rencontre et la puissance de l’imaginaire. La friction naît de la différence, quand des textures distinctes se rencontrent. La friction ralentit les déplacements, mais elle est synonyme d’un mouvement… L’exposition F(R)ICTION ne voit pas la friction comme une résistance, mais comme une condition du mouvement et du changement.

Partant d’œuvres pionnières jusqu’à celles des nouvelles générations qui évoluent entre ces deux champs, l’exposition F(R)ICTION retrace la manière dont ces approches distinctes ont élargi et continuent d’élargir les possibilités du jeu en tant que forme artistique.

rencontres, ateliers, bibliothèque temporaire, expositions, installations…
avec Lynn Hughes, Ida Toft, Matthew Biederman, Baron Lanteigne, Sabrina Ratté, Inhwa Yeom, Alain Thibault, Nathalie Bachand, Alessandro Ludovico, Ayoung Kim, Leo Castañeda, Maize Longboat, Suzanne Treister, Afrane Makof, Anna Anthropy, Mélanie Courtinat, Davey Wreden, Jonathan Coryn, aenl, Kara Stone, Nonsense Arts, Pippin Barr, A.M. Darke, Bernie DeKoven, Jaron Lanier, Medulla Studio, Robert Yang, Studio Oleomingus, Vanny, Lee Wilkins…

> Elektra Biennale 2026, F(R)ICTION : art et jeux
> du 15 octobre au 15 Novembre, Montréal (Québec / Canada)
> https://www.elektramontreal.ca/

Résistances
hacktivisme, détournements et tactiques artistiques à l’ère numérique

Créée en 2018 et organisée par CHRONIQUES – la Biennale des Imaginaires Numériques est le temps fort des arts et cultures numériques de la région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Depuis 20 ans, les technologies numériques s’immiscent dans chaque interstice de nos existences – de la sphère intime aux dynamiques géopolitiques – les artistes se font les témoins, les observateur·ices critiques, mais aussi les acteur·ices d’une contre-narration nécessaire. Pour son édition 2026, la Biennale des Imaginaires Numériques propose d’interroger les modalités de résistance artistique face aux logiques normatives, extractivistes et oppressives des technologies contemporaines.

Le thème de la résistance, abordé sous l’angle des cultures numériques, ouvre un espace de réflexion pluriel, à la croisée de l’activisme, des tactiques de subversion et des gestes artistiques de désobéissance. Il s’agit d’examiner comment les pratiques numériques – qu’elles soient issues de la performance, de l’installation, du spectacle vivant– peuvent devenir des espaces de lutte symbolique, politique et esthétique.

Le commissariat de cette édition s’articule autour de cinq axes. Le premier s’intéresse à la question des gestes et tactiques de désobéissance développés par les artistes face aux systèmes numériques contemporains. Un deuxième ensemble d’œuvres explore les contre-cartographies contemporaines : mémoires déplacées, récits minorés, territoires fragmentés et identités méditerranéennes y composent d’autres géographies sensibles. Le troisième axe s’intéresse aux langages produits avec la machine et aux stratégies de fabulation capables de résister aux récits dominants.

La Biennale donne également une place centrale aux relations entre technologies, écologie et imaginaires du vivant. Vibrations terrestres, phénomènes géologiques ou fragilité des écosystèmes deviennent ici des formes d’expression politique capables de déplacer les récits anthropocentrés dominants. Enfin, plusieurs expositions ouvrent des perspectives spéculatives face aux imaginaires dystopiques devenus omniprésents. Elles affirment la nécessité de reconstruire des futurs désirables, collectifs et habitables.

Résister, ici, ne signifie pas seulement s’opposer. C’est aussi réinventer des récits, produire d’autres sensibilités et maintenir ouverte la possibilité d’imaginer autrement.

Expositions, Œuvres en espace public, Spectacles, Ateliers, Concerts, Rencontres professionnelles, Marché des Imaginaires Numériques…

avec Étienne Rey, Paolo Cirio, Total Refusal, Modeselektor x Collectif Scale, Jean Paul Fourmentraux (commissaire d’exposition invité), Albertine Meunier, Cécile Babiole & Jean-Marie Boyer, Filipe Vilas-Boas, Julien Prévieux, Agnès de Cayeux, Collectif Coin, Romain Tardy, Parker Heyl, Mawena Yehouessi, InVivo…

> Chroniques, Biennale des Imaginaires Numériques
> du 24 octobre au 17 janvier, Aix-en-Provence, Marseille, Avignon, Arles, Istres, Port de Bouc, Château-le-Rouge…
> https://chroniques-biennale.org/

Screenshot

Beyond Transition

Les technologies numériques, désormais au cœur des industries culturelles et créatives, sont souvent envisagées comme la promesse du développement des filières. Une réponse idoine pour accompagner le passage d’un modèle à un autre. Mais au fond, de quelle(s) transition(s) parle-t-on ? Quelles transformations le numérique induit-il réellement ?

À l’occasion de l’ouverture de la Biennale des Imaginaires Numériques, le Marché des Imaginaires Numériques (MIN) invite les professionnel·les des Industries Culturelles et Créatives à analyser l’impact des technologies numériques dans la création. À la confluence des approches artistiques, économiques et prospectives, cet événement d’envergure internationale envisage les enjeux et les finalités de ces transformations, afin de renforcer nos moyens d’action.

> Le Marché des Imaginaires Numériques, Beyond Transition
> le 28 octobre, Avignon & Arles
> les 29 et 30 octobre, Aix-en-Provence
> le 31 octobre, Marseille
> https://chroniques-biennale.org/

exposition Cécile Babiole

Au travers de cette exposition personnelle, Cécile Babiole présente des pièces, récentes ou plus anciennes, qui détournent les systèmes de signes ; qu’ils soient informatiques, écrits ou oraux.
Ces installations mêlent texte, son, tissage pour mettre en évidence leur dimension algorithmique, répétitive ou cyclique. Analogiques, numériques, artisanales ou électroniques, les œuvres exposées traduisent ces systèmes dans des formes multiples et sensibles…

> Ritournelles, exposition Cécile Babiole
> du 17 septembre au 28 novembre, Centre Culturel Bellegarde, Toulouse
> https://metropole.toulouse.fr/

exposition de l’Observatoire du CNES

Porté par l’Observatoire du CNES, cette exposition est un salon du XXIe siècle. Ce Salon de l’extra-terrestre invite à regarder l’image que les médias, les réseaux sociaux et la culture populaire donnent de l’Espace et la place que cet imaginaire occupe dans nos sociétés.

Réunis autour de cinq notions (l’altérité, le héros, l’exploit, le spirituel, l’éternité), vingt-deux artistes déconstruisent ce récit artificiel de l’aventure spatiale. À travers un ensemble de signes que sont les guides des bonnes manières incluant les non-humains, les récits sur des acteurs méconnus des activités spatiales, les rêves illusoires générés par des actions exceptionnelles, le cortège des vanités engendré par notre rapport au temps ou une approche spirituelle de l’Espace, ce salon propose aux visiteurs une lecture de leur époque, […] et démystifie l’extra-terrestre et les illusions dont il est porteur.

avec Charles-Henry de Pimodan & Mary Sue, Bertrand Dezoteux, Gaspard Maîtrepierre, Élise Parré, Jeanne Susplugas, Mona Cara, Loïc Pantaly, Virginie Yassef, Pat Andrea, Annabelle Guetatra, Paul Gibert, Stephan Goldrajch, Olivain Porry, Jeanne Susplugas, Bertrand Dezoteux, Benoît Géhane, Michel Gouéry, Cédric Hoareau & Vincent Odon, Grégory Chatonsky, Raphaël Dallaporta, Aurélie Pagès, Chloé Silbano…

> Salon de l’extraterrestre
, exposition de l’Observatoire du CNES
> du 25 au 27 septembre, FORMA centre d’exposition, Paris
> https://www.cnes-observatoire.fr/

Invisibles ?

Rendez-vous annuel, l’exposition Panorama permet de découvrir plus de 50 œuvres inédites, dans les domaines de l’image, du son et de la création numérique, réalisées par les artistes du Fresnoy.

La question des invisibles est particulièrement importante aujourd’hui, alors que nos sociétés valorisent de plus en plus la visibilité permanente. Être visible semble devenu une condition d’existence sociale : il faut se montrer, se raconter, se documenter, produire continuellement des traces. Pourtant, à force de tout voir, que regardons-nous ? Pour les artistes, regarder et écouter les invisibles devient ici un acte d’attention, presque de soin. Leurs œuvres s’attachent à ce qui se tient au seuil de la perception : le presque effacé, l’enfoui, dans les terres, dans les âges, l’infiniment petit, le périphérique, le latent, le souterrain, l’oublié… (Annabelle Ténèze, commissaire de l’exposition et directrice du Louvre-Lens)

avec Miguel Abad Manning, Nazi̇f Can Akçalı, Lorena Almario Rojas, Zine Andrieu, Donatien Aubert, Sammy Baloji, Aly Biara, Jules Bourbon, Guillaume Brisson-Darveau, Charles Cadic, Haein Cho, Pauline Delfino, Saro Dessardo & Lory Glenn, Quentin Douchez-Wanscoor, Daniel Duque, Clément Erhardy, Mounir Fatmi, Thomas Ferreira, Filmsaaz, Pedro Geraldo, Nathan Ghali, Julia Rose Gostynski, Amélie Gratias, Boris Grzeszczak, Niclas Hille, Emma Huang, Constantin Jopeck, Étienne Kawczak-Wirz, Eugène L’Homer, Guillaume Lançon, Wafa Lazhari, Lise Lebleux, Ferdinand Ledoux, Marie Losier, Tsu-Wei Lu, Miguel Miceli, Victor Missud, Gabriel Naghmouchi, Patrícia Neves Gomes, Nguyễn Phượng Kiều Anh, Phuong Thao Nguyen, Thomas Pendeliau, Enzo Pernet, François Pisapia, Tiff Rekem, Mélia Roger, Ysé Sorel, Nanut Thanapornrapee, Can Ünlü, Ana Vaz, Gwenola Wagon, Ysana Watanabe, yietnu, Leah Zhang, Aleksandre Zharaya…

> Panorama 28, Invisibles ?
> du 11 septembre au 3 janvier, Le Fresnoy, Tourcoing
> https://www.lefresnoy.net/

Zone de travaux / Matières en œuvre / États de chantier

Pensée comme un paysage d’œuvres, l’exposition Zone de travaux / Matières en œuvre / États de chantier déploie le thème en chantier sous une forme collective. Six artistes y présentent chacun·e une proposition — œuvre, dispositif, instrument-installation — reliée par une pièce commune issue de la fabrique partagée : instruments mutualisés, parcours, paysage sonore.

Le public traverse des matières, des sons, des traces et des mécaniques : résonateurs, structures vibrantes, objets détournés, dispositifs jouables. L’exposition met en circulation l’écoute par l’expérience — toucher, activer, produire, transformer — autant d’actions qui révèlent la manière dont un outil, un geste ou une contrainte deviennent forme artistique.

Selon les conditions du lieu, certaines pièces s’activent dans un cadre simple et robuste : règles d’usage visibles, stations de jeu, temps d’activation accompagnés. L’ensemble compose une exposition vivante, où la fabrication reste perceptible : assemblages, réparations, essais, matières, et protocoles de jeu.

exposition collective avec Emmanuel Leduc, Gabriel Vogel, Nathalie Plantin, Romain Papion, Dimitras Kousteridou, Martin Deck-Roussel, Bryan Provencher, collectif Solar Return…

> En Chantier, exposition collective
> du 20 et 29 août, Plateforme Intermédia, Nantes
> https://apo33.org/

exposition de Justine Emard

Sculptures, vidéos, installations sonores et lumineuses

Rêves d’astronautes, signaux thermiques provenant de data centers, composants informatiques activés, données préhistoriques, variations de champs magnétiques… Cette exposition de Justine Emard crée un passage entre sphères virtuelles et monde tangible, utilisant l’interaction et le jeu vidéo pour faire dialoguer les créations artistiques.

L’espace d’exposition est baigné dans une installation lumineuse conçue à l’échelle du Lieu Unique. Généré à partir des ondes cérébrales de l’artiste, enregistrées lors d’une nuit d’exploration du sommeil, ce dispositif permet au public de découvrir les œuvres au rythme des signaux biologiques de leur créatrice. En pénétrant dans cet espace mental, le·la visiteur·se s’immerge dans un organisme vivant et changeant, sa perception évolue au gré du parcours, du temps et des imaginaires qui s’y déploient.

> Rêves premiers, exposition de Justine Emard
> du 19 juin au 30 août, Le Lieu Unique, Nantes
> https://www.lelieuunique.com/

Brave New World

performances, installation, rencontres professionnelles (MIAN)…

Le festival Elektra place sa programmation 2026 sous le signe d’une inquiétude très contemporaine. En détournant le titre du roman d’Aldous Huxley, Brave New World, cette nouvelle édition sonde notre rapport aux technologies à l’heure où l’innovation fascine autant qu’elle désoriente.
Derrière les promesses de progrès se profilent la standardisation algorithmique, l’automatisation du divertissement et une forme de décrochage du réel. Une intuition déjà formulée par Guy Debord en 1967 dans
La Société du spectacle : celle d’un monde où la médiation technologique tend à remplacer l’expérience directe.

avec Lucas Paris, Myriam Bleau, Douglas McCausland, Crystn Hunt Akron, Gabriela Hébert & Michelle Bawden, Antoine de Schuyter, Philippe-Aubert Gauthier & Tanya St-Pierre, Temitope Olujobi, Wonwoori, Tacit Group (Gazaebal), Fvckrender…

> Elektra 2026,Brave New World
> du 16 au 20 juin, Montréal (Québec / Canada)
> https://www.elektramontreal.ca/