Archive d’étiquettes pour : exposition

Burning Blue

Sur de grands panneaux blancs, un rond noir se détache en relation avec d’autres points, plus petits, reliés par des traits. L’ensemble s’affiche comme un mobile figé à un instant « t »… En bas à droite, un tableau donne des indications nominatives et chiffrées sur chacune de ces « figures stellaires »… Cette série d’œuvres réalisées par Vidya-Kélie s’intitule Burning Blue. Ses « astérismes » présentés récemment dans des expositions croisées ou collectives nous ont donné envie d’en savoir un peu plus sur le travail et la démarche de cette artiste transmédia.

Blue book
Ces créations sont comme les pages d’un grand livre d’histoire dont la langue, l’écriture, est basée sur des constellations d’étoiles. Chaque œuvre traduit, fixe, les coordonnées précises des astres par rapport à un moment donné de l’histoire humaine. Une histoire symbolisée par des événements particuliers. : la première transaction Ethereum, la Marche du sel de Gandhi, la première symphonie de Beethoven ou bien encore la consultation astrologique de Catherine de Médicis avec Cosimo Ruggieri… Plus l’événement choisi est lointain, plus les données sont imprécises, plus les archives sont parcellaires. Il faut alors attribuer d’office un lieu, une date et une heure exacts à l’événement, ou accepter que certaines informations restent incomplètes ou incertaines.

À l’occasion de l’exposition Burning Blue _ Étoiles Politiques qui s’est déroulée en avril/mai 2026 à Alexandrie, à l’initiative de l’Institut Français d’Égypte, les alignements stellaires incarnaient la vie de neuf femmes du monde arabe qui se sont illustrées au travers des âges, aussi bien dans le champ politique, scientifique, intellectuelle que culturelle. Pour ce projet, Vidya-Kélie a mis en avant la diva Oum Kalthoum, Malika El Fassi (militante marocaine engagée pour l’émancipation des femmes et la transformation politique et sociale de son pays, elle fut la seule femme signataire du Manifeste de l’indépendance de 1944), Rawya Ateya (égyptienne, elle a été la première femme parlementaire dans le monde arabe), Sameera Moussa (physicienne, pionnière de la recherche nucléaire, morte prématurément dans un accident de voiture qui reste entouré de mystères), Yasmine Belkaid (franco-algérienne, professeure et chercheuse en immunologie, actuelle directrice de l’Institut Pasteur), Hypatie d’Alexandrie (astronome et mathématicienne grecque, c’est aussi une figure méconnue du néoplatonisme incarné par Plotin), Cléopâtre (la divine…), Nabila Aghanim (astrophysicienne et cosmologiste d’origine algérienne, directrice de recherche au CNRS) et Melina Mercouri (actrice et chanteuse grecque, députée et ministre de la Culture dans une deuxième vie).

Blue note
Comme le précise Vidya-Kélie, au travers de ces installations, il s’agit moins de raconter des biographies que d’isoler des points de bascule, une action, une prise de parole, une découverte ou une décision… Ces instants de basculement, de déplacement, sont comme des coupes dans le temps. Ils ne forment pas un récit continu, mais ils rendent visibles des trajectoires et des personnages dont la mémoire est enfouie dans des archives écrites et audio-visuelles. Burning Blue _ Étoiles Politiques est un travail qui s’inscrit dans le cadre d’une réflexion sur le régime du visible et du savoir, du voir et du croire, dans la lignée des réflexions menées par la philosophe et cyberféministe Donna Haraway (cf. The Promises of Monsters, 1992)

C’est un projet qui cherche à rendre visible une réalité qui ne l’est pas immédiatement. Pour cela, Vidya-Kélie utilise l’astronomie qui devient ici une méthode de pensée autant qu’une forme de preuve, à la fois sensible et conceptuelle. Dans le monde scientifique, une hypothèse naît souvent d’une intuition avant d’être validée : il existe toujours un moment où l’invisible précède la reconnaissance du réel. L’invisible structure notre rapport au monde, même lorsqu’il n’est pas encore nommé ou mesuré. Le projet Burning Blue se situe précisément dans cette zone, entre intuition, expérience et construction du savoir, là où ce qui n’est pas encore visible agit déjà.

Blue moon
En dehors des expositions précédentes — à l’Institut Français d’Égypte et à la Plateforme à Paris — et de celle déjà annoncée au Centre d’Art de Tremblay en avril 2027, les autres projets en cours de Vidya-Kélie s’inscrivent également dans la continuité de Burning_Blue. Ils poursuivent notamment le développement d’autres constellations narratives sur de nouveaux territoires, la recherche autour de figures scientifiques et culturelles invisibilisées, ainsi que l’exploration de systèmes génératifs liés à la mémoire et à l’astronomie à travers des formats d’installations immersives et multimédias.

Cette démarche « art / science / média » s’ancre au plus près de l’histoire personnelle de Vidya-Kélie. C’est en quelque sorte la continuité de l’environnement dans lequel elle a grandi ; auprès de sa mère cantatrice et de son père informaticien, docteur en physique et inventeur des premiers systèmes biométriques. Diplômée des Beaux-Arts d’Angers, Vidya-Kélie délaisse rapidement la peinture abstraite de ses débuts pour orienter et articuler tout son travail autour de systèmes de transmission et de mise en relation du réel où différents médiums activent des formes de circulation entre expérience, objet et information.

Screenshot

Blue monday
Cette question apparaît dès 2017 avec We Are Not God III. Une installation construite en participation directe, à partir d’interactions concrètes et d’un protocole d’échange simple où des tasses de café prêtées par des cafés restaurants et habitants deviennent des supports d’activation et de circulation. Cette logique se prolonge ensuite avec SENT (2021). Une série polymorphe dans laquelle l’utilisateur est invité à livrer un message via son smartphone dans un univers digital au graphisme évoquant l’infini et la solitude. Œuvre participative, collaborative et interactive, Hypercodex.org (2022) s’affiche sous la forme d’un moteur de recherche. Le code devient un espace d’écriture et de circulation de messages et de données dans lequel l’œuvre agit comme un relais plutôt qu’un système fermé. Stone Of Trust (2022) — en VF « Pierre de confiance » — est une série de petites sculptures colorées en terre cuite, représentant et intégrant un QR code qui permet l’accès à un contenu mis à jour en temps réel par l’artiste.

Combinant dispositifs physiques, systèmes techniques et expériences perceptives, L.A.M.P. (2022) est une installation reliant deux espaces d’exposition. Placé dans un premier lieu, un capteur de présence traque les mouvements du public qui sont révélés par une lampe UV dans un second lieu. Création un peu à part dans l’univers artistique de Vidya-Kélie, Hope Motion (2022) est une installation vidéo qui entame une sorte de « tango magnétique » avec un puissant aimant néodyme (les vidéos sur écran étant une collection de tutos sur l’utilisation ce type d’aimant). Avec #SunPath (2023), cette logique de circulation d’énergie et de mouvement est transposée dans le monde du flux des échanges sur les réseaux sociaux (mots, photos, etc.). Cette série de sculptures traduit la matérialité de ces trajectoires numériques semblables aux rayons de soleils « digitaux ». Cette installation constellaire affiche sa proximité esthétique avec la série Burning Blue (2025) qui repose également sur un système de code et de bases de données transformant des données astronomiques en protocoles de dessin.

Laurent Diouf

> Vidya-Kélie

La musique dont vous êtes le héros

Cette exposition retrace l’histoire des liens entre musique et jeu vidéo, de l’ère 8 bits aux orchestres symphoniques.

Longtemps limitée à quelques bips fonctionnels, la musique de jeu vidéo – ou VGM pour « Video Game Music » – a grandi avec la technologie, jusqu’à devenir un champ créatif foisonnant, exigeant et inventif. Elle convoque l’orchestre symphonique comme l’électronique la plus expérimentale, explore tous les genres musicaux et incarne une forme singulière : celle d’une musique qui ne se contente pas d’être écoutée mais qui se joue, s’expérimente, se vit. Le joueur devient déclencheur, acteur, musicien.

> Video Games & Music
> du 02 avril au 01 novembre, Philharmonie, Paris
> https://philharmoniedeparis.fr/

L’exposition « Être Machine » d’Antoine Schmitt à la Galerie Charlot, à Paris, nous projette dans un univers parallèle ou futur dans lequel nous ferions société commune avec les machines et leur algorithmes libérés de leur asservissement aux êtres humains et devenues pleinement autonomes et responsables.

Elle nous amène à considérer le point de vue des machines en tant qu’être artificiel plongé dans un milieu peuplé d’autres êtres, les êtres humains. […] L’espace d’exposition devient ainsi un espace de dialogue et de négociation entre entités placées sur un même pied d’égalité, l’endroit d’une rencontre transbiologique, une ouverture à l’altérité.

> exposition personnelle
> du 16 avril au 30 juin, Galerie Charlot, Paris
> https://www.galeriecharlot.com/

IA : illusions des algorithmes

L’exposition « AI – Algorytmy Iluzji » (illusions des algorithmes), qui se déroule jusqu’au 12 juillet au centre culturel Zamek de Poznań en Pologne, invite à examiner l’intelligence artificielle d’un œil critique, en tant que phénomène culturel, politique et artistique, au travers de pièces et installations de Cécile Babiole, Kate Crawford, Weronika Gęsicka, Paweł Janicki, Przemysław Jasielski, Vladan Joler, Jarosław Klupś, Jakub Koźniewski, Agnieszka Kurant, Anna Malinowska, Trevor Paglen, Anna Ridler, RYBN.ORG, Joanna Żylińska

Il n’existe pas une seule forme d' »intelligence artificielle ». Ce terme englobe une variété de systèmes algorithmiques, tels que l’apprentissage automatique, le traitement automatique du langage naturel, les systèmes experts et la vision par ordinateur, qui automatisent la détection, la reconnaissance, la classification, la prédiction, l’analyse et la génération de données.

Le lancement du chatbot génératif GPT-3.5 en 2022, qui a conquis plus d’un million d’utilisateurs en cinq jours, a marqué une avancée majeure dans la conscience collective et a ouvert un nouveau chapitre de la riche histoire de l’IA.

Cependant, l’histoire de l’intelligence artificielle est bien plus longue que celle des grands modèles de langage. Parmi ses figures emblématiques figurent Ada Lovelace et Alan Turing, dont les parcours sont évoqués dans l’exposition. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est au cœur de nombreux débats sociaux, scientifiques et artistiques, alimentant des récits extrêmes où les visions optimistes se confrontent à la puissance des idées pessimistes.

Bien que les systèmes d’IA soient désormais largement disponibles et utilisés, leur utilisation ne s’accompagne pas toujours d’une compréhension de leur fonctionnement, de leur processus de création et de leur nature même. En ce sens, l’intelligence artificielle semble fonctionner dans l’imaginaire collectif comme un chapeau de magicien.

On y dépose quelques ingrédients – commandes, instructions – dans un cylindre noir impénétrable – une application ou un programme – pour entrevoir un véritable « lapin blanc » ou la réponse à une question restée secrète même pour nos proches. C’est pourquoi on parle de la « boîte noire de la technologie », opaque à la vue et à la cognition humaines. Derrière l’illusion qui séduit nos sens se cachent des instructions plus ou moins complexes : des algorithmes.

L’exposition « IA – Illusions des algorithmes » nous invite à lever le voile sur cette boîte et à révéler les illusions du monde numérique à travers l’art contemporain. Nous souhaitons nous inciter à réfléchir aux enjeux sociaux, politiques, économiques et environnementaux de l’intégration de l’IA dans différents domaines de notre vie : l’éducation, le commerce, le travail et, en fin de compte, l’art lui-même.

Nous comprenons les illusions évoquées dans le titre comme les mécanismes plus ou moins occultes de la technologie et les récits qui l’entourent, produits par l’industrie et supervisés par les autorités. L’exposition ne s’intéresse pas à l’intelligence artificielle en tant que technologie en soi, qui fascine et émerveille. Elle se consacre à une réflexion critique sur l’IA comme phénomène culturel et composante d’un ordre social plus vaste.

Un examen attentif des entrailles de la « boîte noire » révèle un enchevêtrement chaotique de câbles, de fils et de puces installés par l’homme et servant des objectifs précis. Ceci nous permet de présenter l’IA non seulement comme une technologie dématérialisée, mais aussi comme une infrastructure matérielle composée de câbles sous-marins, de minéraux extraits de la Terre, de systèmes de transmission et de centres de données.

Comme l’écrit Kate Crawford dans « Atlas of AI: Power, Politics, and the Planetary Costs of Artificial Intelligence », « l’IA n’est ni artificielle ni intelligente, ni abstraite ni autonome. Elle est plutôt incarnée et matérielle, produite à partir de ressources naturelles, de combustibles, de travail humain, d’infrastructures, de logistique, d’histoire et de classification ». Elle fait également partie de l’ordre socio-politique dans lequel nous évoluons.

Mais que signifie être humain dans un monde où l’intelligence artificielle est en constante évolution ? Quels sont les coûts environnementaux de son développement ? Que voient les algorithmes, comment les perçoivent-ils et peut-on leur faire confiance ? Enfin, comment l’IA influence-t-elle l’art et sa réception ? […]

Comme le soutient Joanna Żylińska, le concept d’intelligence artificielle repose précisément sur l’artifice, dont l’origine latine (artificium) signifie bien plus que tromperie et duplicité. Il renvoie à l’art, au savoir-faire et à l’habileté. C’est précisément sur ces aspects que nous nous concentrerons tout au long de l’exposition. […]

Les œuvres présentées dans cette exposition nous guident à travers les thèmes qui dominent le débat actuel sur l’IA, organisés autour de notions telles que « pouvoir », « effort », « connaissance », « liens » et « imagination ». Les « capsules temporelles » qui les accompagnent rassemblent des éléments illustrant les liens étroits entre passé et présent, inscrivant les processus actuels dans une perspective historique plus large…

(curatorial statement)

> Exposition « AI – Algorytmy Iluzji » (Illusions des algorithmes)
> du 21 mars au 12 juillet, Centrum Kultury Zamek, Poznań (Pologne)
> https://ckzamek.pl/

Un révélateur des structures invisibles qui régissent nos environnements numériques… 

La note d’intention de cette exposition qui se tient au Cube, à Garges, jusqu’à la mi-juillet résonne aussi, si l’on ose dire, avec certaines approches expérimentales de la musique électronique. Né dans les années 90s, dans le sillage d’Intelligent Dance Music, le courant « glitch » a vu des musiciens jouer (dans tous les sens du terme) avec les « bugs » des CDs, des disques durs, des logiciels… Faisant preuve d’une nouvelle créativité en « inventant de nouvelles erreurs », pour reprendre la formule de Georg Christoph Lichtenberg. La série « Cliks & Cuts » du label Mille Plateaux reste emblématique de cette démarche musicale. Dans le genre, on peut citer également des artistes comme Oval, Aphex Twin, Autechre, Alva Noto, Microstoria et bien sûr Ryoji Ikeda, qui se tient toujours a équidistance de la musique électronique et de l’art numérique.

Pour ce qui est de la création numérique, cette approche permet de montrer l’envers du décor. Dans un monde où l’efficacité est devenue le mantra technologique, le glitch agit comme une interruption qui dévie les objets techniques de leurs formes et usages. En « exploitant » les bugs, les artistes exposent le fonctionnement interne des systèmes algorithmiques, dévoilant les rouages sous-jacents qui manipulent notre expérience du monde numérique. À travers cette « faille », l’exposition dévoile l’idéologie des plateformes, en soulignant leur quête de perfection, de fluidité et de contrôle. Le glitch, en tant que dysfonctionnement, révèle la norme cachée : une course à l’optimisation qui repose sur des choix politiques et économiques déguisés en nécessités techniques…

Nick Briz, Émilie Brout & Maxime Marion, Ismaël Joffroy Chandoutis, Arthur Chevalier, Sky Goodman, Jamie Fenton, Aurélien Maignant, Rosa Menkman, OVAL, Kaspar Ravel, Sheglitchr, Sabato Visconti, Clément Valla, Laimonas Zakas et !Mediengruppe Bitnik en apportent la preuve au travers de leurs installations, projets sonores, machines interactives, vidéos et autres dispositifs… Leurs pratiques oscillent entre subversion et récupération […] l’erreur devient à son tour elle-même une technique. […] Ils font un travail d’équilibriste pour maintenir la machine entre l’état de vie et de mort. Le glitch, présenté en tant qu’œuvre d’art, joue alors un triple rôle : celui de témoin de l’existence même du glitch, mais aussi de l’adresse dont témoigne l’artiste d’avoir su reproduire et maintenir ce même glitch, et finalement de partager avec le public l’instant de révélation, le moment intuitif où l’on comprend la cause d’un glitch sans forcément posséder la connaissance totale de ce qui se trame sous les coques opaques de nos machines.

Glitch, bugs & hallucinations
> exposition, entrée libre, sans réservation
> du 25 octobre au 18 juillet, Le Cube, Garges
> https://www.lecubegarges.fr/

Exposition collective

En 1995-1996, le télescope spatial Hubble envoi ses premières photos d’outre-espace avec un peu de retard (il a fallu corrigé sa « myopie », mais c’est une autre histoire…). Les clichés révèlent des milliers de galaxies dont les lumières et les formes spiralées émergent de champs profonds (deep fields). En 2022, son successeur, le télescope Jame Webb a fait beaucoup mieux, shootant l’espace encore plus loin avec une résolution accrue.

Mais l’impact du HDF (Hubble Deep Field) reste historique et porteur d’observations inédites. C’est désormais une source d’inspiration pour les artistes qui s’interrogent sur l’infiniment grand et l’infiniment petit. Ainsi confrontés à l’irreprésentable et à l’invisible, ils interrogent la perception, sans cesse renvoyée à ses propres limites, à ses cadres et ses frontières. Leurs œuvres sont des traces d’événements, les échos matériels et psychiques d’horizons traversés, des champs d’énergie dont le corps reste partie prenante. Ce ne sont plus des objets isolés ni des images arrêtées, mais des oscillations, des vibrations magnétiques et lumineuses.

Placée sous le commissariat de Félicie d’Estienne d’Orves & Olivier Schefer, en synergie avec Stéphanie Pécourt, l’exposition collective Deep Fields réunit des artistes qui sondent et explorent les champs profonds : des paysages lointains et désertiques aux champs mobiles et instables de particules… avec des pièces, gravures, environnements sonores, vidéos et installations récentes ou anciennes d’Ann Veronica Janssens (Corps Noir), Charles Ross, Claire Williams, Daniela De Paulis (768 000 km), Edith Dekyndt, Els Vermang (Gamma), Eva L’Hoest, Evan Roth (Landscapes), Evelina Domnitch & Dmitry Gelfand (ER= EPR), Félicie d’Estienne d’Orves (Vénus, Uranus),

Heinz Mack (Light prims in the Artic), Hervé Charles (Seeing With Eyes Closed), Ivana Franke, Jacques Perconte, Jean-Pierre Luminet (Dessin d’un trou noir), Joost Rekveld (Installation #71.1), Magali Daniaux & Cédric Pigot (78°55’N), Marina Gioti, Nancy Holt, Robert Irwin, Semiconductor (20Hz), Stéphanie Roland (Stellar pipeline)… et des performances & surgissements le soir du vernissage, le vendredi 23 janvier, avec Evelina Domnitch & Dmitry Gelfand, Germaine Kruip, Nicolas Montgermont (Chronique d’une fin annoncée), Ronan Masson, RYBN & Marie Constant (Matière noire sémantique)… + Dj Set : Zombie Zombie (Étienne Jaumet et Cosmic Neman)

Deep Fields
> exposition collective
> du 23 janvier au 24 mars, Centre Wallonie Bruxelles, Paris
> https://cwb.fr/

Art & Technology Before the Internet

Après Londres, c’est à Turin jusqu’en mai 2026 que l’on peut voir Electric Dreams ; une exposition qui regroupe un large éventail d’artistes internationaux qui se sont intéressés aux sciences, aux technologies et à l’innovation matérielle.

Organisée par la Tate Modern et l’OGR Torino, cette exposition explore la manière dont les artistes de la fin du XXe siècle ont utilisé des outils technologiques, souvent développés dans des contextes militaires ou d’entreprise, avant l’adoption généralisée d’Internet.

Electric Dreams célèbre les pionniers de l’art optique, cinétique, programmé et numérique au travers de nombreuses œuvres construites à partir de principes mathématiques, de composants motorisés et de nouveaux procédés industriels.

On y découvre ou redécouvre les artistes qui ont accueilli l’avènement du numérique dans les années 70 et 80, en expérimentant l’art mécanique et les premiers systèmes informatiques domestiques; pionniers d’une nouvelle ère d’installations sensorielles immersives et d’œuvres générées automatiquement.

> Electric Dreams, exposition avec Carlos Cruz-Diez, Suzanne Treister, Eduardo Kac, Atsuko Tanaka, Takis, Liliane Lijn, Jesús Rafael Soto, Groupe ZERO (Heinz Mack, Otto Piene), Brion Gysin, Katsuhiro Yamaguchi, GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel : Jean-Pierre Yvaral, François Morellet, Francisco Sobrino, Julio Le Parc), AARON (Harold Cohen), Wen-Ying Tsai, Tatsuo Miyajima, Monika Fleischmann & Wolfgang Strauss…
> du 31 octobre au 10 mai, OGR, Turin (Italie)
> https://ogrtorino.it/

Techniques divinatoires, divination algorithmique et échos du futur

L’exposition Prophéties est au cœur de la programmation de la 23e édition du festival Scopitone qui se déroulera à Nantes du 17 au 21 septembre 2025. Comme son titre le laisse deviner, si l’on ose dire, les œuvres combinent pratiques séculaires et numériques. Si le désir de connaître ce qui peut advenir, ce qui doit venir, taraude l’humanité depuis toujours, qu’en est-il aujourd’hui dans notre monde numérisé ?

Pierre-Christophe Gam, The Sanctuary of Dreams. Photo: D.R.

Cette exposition offre une réponse en trois temps. Le premier intitulé Techniques divinatoires réunit des œuvres qui reprennent et mettent en scène des objets, rituels et protocoles censés laisser entrevoir l’à venir. Les tarots « numériques » de Räf & Clö (Tarötmatön) et ceux de Suzanne Treister (Hexen 2.0 et Hexen 5.0) qui retracent l’histoire d’une contre-culture technologique. L’astrologie appliquée à la prospective immobilière d’Alice Bucknell (Align Properties). Ifá, le système divinatoire des Yorubas aussi complexe que le Yi King chinois, en filigrane dans l’installation vidéo de Pierre-Christophe Gam (The Sanctuary of Dreams) qui combine paysages sonores, dessins, réalité augmentée et animations 3D…

Gwenola Wagon & Pierre Cassou-Noguès, Au bord du temps. Photo: D.R.

Dans un deuxième temps, baptisé Divination algorithmique, les œuvres montrent la « coalition » qu’il peut exister désormais entre l’intelligence artificielle générative et les techniques divinatoires. Entre invocation et simulation avec les dispositifs interactifs de Daniela Nedovescu & Octavian Mot alias mots (The Confessional et AI Ego), inspiration médiumnique pour Albertine Meunier (Qui est là ?), préhistoire réinventée à l’aune du futur grâce à Véronique Béland & Julie Hétu (L’Archeosténographe) et, plus classique, le détournement des codes et logiques économiques d’Internet par Tega Brain & Sam Lavigne (Synthetic Messenger).

Tega Brain & Sam Lavigne, Synthetic Messenger. Photo: D.R.

Le troisième temps, les Échos du futur, questionne autant notre avenir proche que le présent. Pour Thomas Garnier qui ressuscite de manière high-tech les théâtres d’ombres du XVIIIe, le passé annonce de mauvais Augures… Alain Josseau anticipe le traitement médiatique des guerres automatisées de demain (Automatic War et UAV Factory). En revenant sur les incendies qui ont ravagé les Landes en 2022, Gwenola Wagon & Pierre Cassou-Noguès s’interrogent sur la nature des images d’actualité et leur statut d’archive au long cours (Au bord du temps).

Alain Josseau, Automatic War. Photo: D.R.

Entre fiction et dénonciation, le collectif Disnovation.org, au travers de son Bestiaire de l’Anthropocène, dresse un inventaire des créatures hybrides de notre époque : plastiglomérats, chiens-robots de surveillance, arbres-antennes, aigles anti-drones… Avec Misunderstandings, Rocio Berenguer développe également un récit prospectif et pétri d’imaginaire pour retracer l’histoire de la divination et des pronostics, alliant cailloux de compagnie, technologies prédictives du Moyen Âge et apprentissage de langage extraterrestre…

Exposition Prophéties
> Scopitone 2025, 23e édition
> du 17 au 21 septembre, Nantes
> https://stereolux.org/

Cette exposition présentée par l’Observatoire de l’Espace du CNES se tiendra au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris du 13 au 27 septembre. Cet événement réuni onze artistes proposant des œuvres qui traduisent leur réflexion sur l’état extra-terrestre. Une thématique qu’ils abordent selon trois angles différents.

Sylvie Bonnot, Benoît Géhanne, Élise Parré et Simon Zagari s’inscrivent dans l’historicité de la condition extra-terrestre, explorant les aspects techniques, politiques et scientifiques qui ont permis d’atteindre cet état.

Amélie Bouvier, Annabelle Guetatra, Olivain Porry et Jeanne Susplugas se focalisent sur l’évolution de nos mentalités, en considérant les échanges entre l’extra-terrestre et notre monde, et la manière dont ils transforment nos pratiques sur Terre, qu’elles soient techniques, scientifiques ou spirituelles.

Les œuvres créées en impesanteur par Smith et Arthur Desmoulin ainsi que le projet OSCAR de Stéphane Thidet illustrent les opportunités de création permises par cette condition extra-terrestre, proposant au visiteur une expérience phénoménologique de l’Espace.

Présentés dans une ambiance brutaliste, ces œuvres révèlent certaines spécificités de la condition extra-terrestre, incitant à repenser nos constructions mentales de l’Espace sans rompre définitivement avec la Terre.

> du 13 au 27 septembre, Centre Wallonie Bruxelles, Paris
> https://cwb.fr/

Il reste encore un mois, jusqu’au 26 juillet, pour découvrir l’exposition Sous le même ciel ? au Cube de Garges. Après Derrière les étoiles, ce second opus invite à questionner la notion de cosmos en tant qu’organisation, via une exploration du jeu vidéo indépendant et artistique.

Visuellement, l’ensemble présente un côté vintage, très pixelisé, et rétrofuturiste… Mais c’est moins l’image, fut-elle animée et téléguidée en un sens, que la capacité du jeu à « faire monde » qui est développée dans cette exposition. Médium artistique et outil de transcription d’imaginaires d’une grande précision, le jeu permet de formuler des hypothèses radicales pour la société et le renouvellement de ses mythes.

Le jeu vidéo permet de construire des mondes fictifs, de poser des bases de systèmes alternatifs, qui remettent en cause ou plutôt inversent certains principes de causalité ouvrant ainsi le champs à ce qui nous semblent encore impossible… Et si la nature n’était plus une ressource à exploiter, mais un partenaire dans une symbiose équilibrée ? Et si les structures sociales favorisaient l’interdépendance plutôt que la domination ?

Avec plus ou moins de force, de pertinence et d’imagination, le jeu vidéo s’affirme comme une brèche dans le réel, ouvrant la porte sur des mondes régis selon d’autres règles physiques, d’autres écosystèmes biologiques, d’autres configurations géographiques, d’autres récits historiques, d’autres constructions culturelles, d’autres interactions sociales, d’autres structures politiques…

Le jeu vidéo est donc un terrain de jeu pour élaborer des contre-fictions. Entre activisme pédagogique, hacktivisme politique et « décolonisation » de l’esprit, selon Isabelle Arvers, artiste et conseillère scientifique de cette exposition, les joueurs peuvent y trouver par exemple des encouragements pour changer de comportement vis-à-vis de l’environnement, en jouant à des jeux qui adoptent des perspectives animistes et autochtones, des jeux qui abordent des récits liés aux défis climatiques actuels. Des jeux développés de manière responsable, avec moins de technologie et plus de diversité dans l’esthétique et les mécanismes de jeu : moins de compétition, plus de collaboration.

Démonstration avec la réinterprétation, le détournement, la création de tableaux ou la mise en exergue de certains éléments, traits et biais de jeux vidéos par Véronique Béland & Julie Hétu, Thibault Brunet, Robbie Cooper, Jérémie Cortial aka Chienpô & Roman Milletitch, Jérôme Cortie, Laurent Dufour, Anne Horel, Keiken (Tanya Cruz, Hana Omori, Isabel Ramos), Laurent Lévesque & Olivier Henley, Le Clair Obscur (Frédéric Deslias, Li-Cam, Patrice Mugnier, Angie Pict), Lucien Murat, David OReilly, Tabita Rezaire, Reem Saleh & Éléonore Sens…

Laurent Diouf

> exposition Sous le même ciel ?
> du 13 février au 26 juillet, Le Cube, Garges
> https://www.lecubegarges.fr/

Archive d’étiquettes pour : exposition

Sculptures, vidéos, installations sonores et lumineuses

> Rêves premiers, exposition de Justine Emard
> du 19 juin au 30 août, Le Lieu Unique, Nantes
> https://www.lelieuunique.com/

Cette exposition placée sous le commissariat de Félicie d’Estienne d’Orves & Olivier Schefer, en synergie avec Stéphanie Pécourt, réunit des artistes qui sondent et explorent les champs profonds : des paysages lointains et désertiques aux champs mobiles et instables de particules

avec Ann Veronica Janssens, Charles Ross, Claire Williams, Daniela De Paulis, Edith Dekyndt, Els Vermang, Eva L’Hoest, Evan Roth, Evelina Domnitch & Dmitry Gelfand, Félicie d’Estienne d’Orves, Heinz Mack, Hervé Charles, Ivana Franke, Jacques Perconte, Jean-Pierre Luminet, Joost Rekveld, Magali Daniaux & Cédric Pigot, Marina Gioti, Nancy Holt, Robert Irwin, Semiconductor, Stéphanie Roland…

performances & surgissements le soir du vernissage, le vendredi 23 janvier, avec Evelina Domnitch & Dmitry Gelfand, Germaine Kruip, Nicolas Montgermont, Ronan Masson, RYBN & Marie Constant… + Dj Set : Zombie Zombie (Étienne Jaumet et Cosmic Neman)

> du 23 janvier au 24 mars, Centre Wallonie Bruxelles, Paris
> https://cwb.fr/

expositions, performances, ateliers (entrée libre)

avec Clément Edouard & Pierce Warnecke, Collectif Scale, Marylou, Damien Traversaz, Marshall & Le Sherif

> du 07 au 08 février, Ugine
> https://www.universnumeriquesdugine.fr/

La morphogénèse est un terme utilisé par Goethe en 1790 pour désigner l’ensemble des processus par lesquels des formes organisées émergent de la matière.
Cette dynamique créatrice prend la forme d’une exposition immersive proposée au Théâtre des Amandiers en partenariat avec le Fresnoy – Studio national des arts contemporains.

Images projetées, sculptures, films, animations avec Hicham Berrada, Yue Cheng, Éléonore Geissler, Alain Fleischer, Yosra Mojtahedi, Momoko Seto…

> du 15 janvier au 22 février, Théâtre des Amandiers, Nanterre
> https://nanterre-amandiers.com/

Une exposition-manifeste de l’Observatoire de l’Espace en co-production avec l’Espace de l’Art Concret (Centre d’art contemporain d’intérêt national de Mouans-Sartoux) qui esquisse les conditions conceptuelles d’une création hors de la Terre en proposant un ensemble d’œuvres issues d’une interaction directe avec le milieu spatial (station spatiale, zéro G, ballon stratosphérique…).

avec Renaud Auguste-Dormeuil, Alain Bublex, Arthur Desmoulin, Eduardo Kac, Rob Miles, Élise Parré, Bertrand Rigaux, Smith, Stéphanie Solinas, Stéphane Thidet, Victoire Thierrée…

> du 25 janvier au 03 mai, Espace de l’Art Concret, Mouans-Sartoux
> https://www.espacedelartconcret.fr/

exposition
avec Nick Briz, Émilie Brout & Maxime Marion, Ismaël Joffroy Chandoutis, Arthur Chevalier, Sky Goodman, Jamie Fenton, Aurélien Maignant, Rosa Menkman, OVAL, Kaspar Ravel, Sheglitchr, Sabato Visconti, Clément Valla, Laimonas Zakas, !Mediengruppe Bitnik…

> https://www.lecubegarges.fr/

Programme hors les murs de l’Observatoire de l’Espace; le laboratoire culturel du Cnes

exposition avec Sylvie Bonnot, Germain Marguillard, Benoît Pype, Monster Chetwynd, Johan Decaix, Eduardo Kac, Stéphane Thidet, Victoire Thierrée, Clément Fourment, Gaspard Maîtrepierre, Rob Miles, Julien Prévieux, Véronique Béland, Clara Cimelli, Justine Emard, Loïc Pantaly

> https://www.lafriche.org/

avec Samuel Bianchini, Marie-Pier Boucher, Yiwen Chen, Maria Chekhanovich, Raphaelle Kerbrat, Lauren Knight, Anne-Marie Laflamme, Asa Perlman, Ana Piñeyro, Olivain Porry, Suarjan Prasai, Félix Vaneste, Lee Wilkins, Aline Zara…

> exposition dans le cadre de Némo, Biennale internationale des arts numériques de la Région Île-de-France

> https://canada-culture.org/

> exposition photo de Hugo Deverchère dans le cadre de Némo, Biennale internationale des arts numériques de la Région Île-de-France

avec Donatien Aubert, Anne Bourassé & Mounir Ayache, Tatsuru Arai, Christian Delécluse, Caroline Delétoille, Aurore Young & Céline Boisserie-Lacroix, Bruce Eesly, Thomas Garnier, Riccardo Giovinetto, Libby Heaney, Inook, Ismaël Joffroy Chandoutis, Markos Kay, Marc Lee, Rachel Maclean, Valentine Maurice, NeoConsortium, Obvious, Phygital Studio, Matthieu Poli, Kaspar Ravel, David Rokeby, Andy Thomas, Peter Van Haaften, Michael Montanaro & Garnet Willis, Éric Vernhes, Cecilie Waagner Falkenstrøm, Beatie Wolfe

> exposition dans le cadre de Némo, Biennale internationale des arts numériques de la Région Île-de-France

> https://www.biennalenemo.fr/