Il fut un temps où l’on parlait d’afro-futurisme. C’était au siècle dernier, au creuset de musiques électriques, de science-fiction et de peinture valorisant l’Afrique moderne ; si ce n’est post-moderne… Cette thématique est toujours d’actualité et s’est enrichie depuis des questions civilisationnelles nées avec le nouveau millénaire (écologie, numérique, etc.). Et l’Afrique offre toujours un point de vue décentré (pour les Occidentaux…) pour questionner l’avenir et les récits du futur. L’écrivaine afro-américaine Octavia Estelle Butler, morte en 2006 en ayant laissé derrière elle des écrits de SF, proposait le terme d’histo-futuriste pour définir quelqu’un qui regarde vers l’avant sans tourner le dos au passé, combinant un intérêt pour l’humain et pour la technologie.

C’est dans cet esprit que la commissaire d’exposition Oulimata Gueye a invité des artistes du continent qui, à partir d’une approche critique de la notion de futur, se demandent de quels savoirs et de quelles histoires nous avons besoin pour imaginer les mondes de demain. Nous avons un aperçu de ces « histoires parallèles » au travers de l’exposition intitulée l’Université des Futurs Africains qui se tient jusqu’au 29 août au Lieu Unique à Nantes, avec DK Osseo-Asare & Yasmine Abbas, Larry Achiampong, Lo-Def Film Factory (Francois Knoetze & Amy-Louise Wilson), Hamedine Kane & Stéphane Verlet-Bottéro, Nolan Oswald Dennis, Tegan Bristow, Nhlanhla Mahlangu, Philisiwe Dube, Russel Hlongwane, Ångelo Lopes & Rita Raínho, Kapwani Kiwanga, Tabita Rezaire, Jean Katambayi Mukendi, Jean-Pierre Bekolo, Afrotopiques (Marie-Yemta Moussanang)…

Pour abolir symboliquement la distance entre le lieu de l’exposition et le continent africain, un espace conçu par les architectes DK Osseo-Asare & Yasmine Abbas est installé au sein de l’exposition. Consacré à la construction d’un savoir commun, il fonctionne comme un lieu utile, un laboratoire, un espace de rencontres, de travail, de performances, une université d’éducation populaire. Cet événement s’inscrit dans le cadre de la Saison Africa2020 pilotée par N’Goné Fall, dont la tenue a été reportée en 2021 à cause de la pandémie de Covid19.

> jusqu’au 29 août, Le Lieu Unique, Nantes
> https://www.lelieuunique.com

Par les rêves…
Le rendez-vous annuel de la création au Fresnoy – Studio national

Nous n’avons pas fini de rêver. Pour le plus grand bonheur des psy et des artistes. Pour le malheur du temps… Le rêve, ou plutôt les rêves structurent la thématique du 23e rendez-vous annuel de la création du Fresnoy – Studio national qui se tiendra cet automne jusqu’à la fin de l’année. Ce qui vous laisse le temps, justement, de re-lire Le temps et le rêve de JW Dunne…

Gregor Božič, Monuments aux arbres tombés. Installation, 2021. © Gregor Božič

Comme le souligne Olivier Kaeppelin, commissaire de l’exposition, les films ou les installations de Panorama 23, utilisant le dessin comme l’art électronique, la sculpture, comme la réalité virtuelle, la théorie comme la poésie, ne cèdent jamais aux complaisances de l’idéologie, pour mettre en crise le monde avec lequel ils « débattent ». Ils se démarquent des discours rhétoriques et des slogans. Ils se détournent de cette économie du sens pour nous proposer de penser « par le rêve ». Ils côtoient, avec une grande liberté, les utopies littéraires ou scientifiques.

Les propositions artistiques se structurent sur quatre modalités. En premier lieu dans des face-à-face avec la présence humaine [où] le regard suit une ligne horizontale. […] Ils sont présents dans les photos, les dessins, les vidéos, les peintures, les performances ou ils nous échappent déclinés dans de multiples dimensions de l’espace grâce aux créations numériques.

Certaines invitent le regard à se lever sur le lointain. Dans d’autres travaux, la vision s’élève, se perd… C’est l’univers des fosses océaniques, des sonars, des réseaux ou encore de la fascinante matière noire. D’autres encore supposent un présent non-observale, théorique, présupposé par la mémoire des archives, les « datas », les modélisations, le calcul. Il est le fruit d’hypothèses conceptuelles, grâce à des jeux entre des cellules imperceptibles, entre les ondes et les particules. L’intrigue se manifeste par des cartographies, des encodages, des saisies systémiques ou des suppositions mathématiques.

Isabella Hin, Fight or Flight. Film, 2021. © Isabella Hin

Exposition avec Amélie Agbo, Judith Auffray, Guillaume Barth, Moufouli Bello, Olivier Bémer, Younes Ben Slimane, Santiago Bonilla, Ghyzlène Boukaïla, Gregor Božič, Alice Brygo, Emanuele Coccia, Anaïs-Tohé Commaret, Guillaume Delsert, Juliette Dominati, Vincent Duault, Rony Efrat, Elliot Eugénie, Joan Fontcuberta, Faye Formisano, Charles Fosseprez, Dora García, Julián García Long, Vera Hector, Isabella Hin, Che-Yu Hsu, Dorian Jespers, Olivier Jonvaux, Yongkwan Joo, Lina Laraki, Samuel Lecocq, Lefebvre Zisswiller, Lou Le Forban, Gohar Martirosyan, Kendra McLaughlin, Joachim Michaux, Magalie Mobetie, Lou Morlier, Toshihiro Nobori, Daniel Peñaranda Restrepo, Laure Prouvost, Chuxun Ran, Céleste Rogosin, Stéphanie Roland, Anhar Salem, Inès Sieulle, Marie Sommer, Ana Elena Tejera, Guillaume Thomas, Louise Tilleke, Minh Quý Truong,  Janaïna Wagner, Agata Wieczorek, Malte Zander, Yunyi Zhu

Il est précisé que le premier étage de la grande Nef du Fresnoy sera, durant l’exposition un lieu d’ateliers, de lectures, de discussions de convivialité et de partage…

> Panorama 23, le rendez-vous annuel de la création au Fresnoy – Studio national
> du 24 septembre au 31 décembre, Le Fresnoy, Tourcoing
> https://www.lefresnoy.net/

Daniel Peñaranda Restrepo, Ciuda sin sueño (titre provisoire). Film, 2021. © Daniel Peñaranda Restrepo

Friche culturelle investit depuis 2019 par le collectif Circulaire dans le 15e arrondissement de Marseille, les Ateliers Jeanne Barret proposent fin juin leurs premier grand événement : Métaboles.

Au programme : des installations, des vidéos, des rencontres et des performances… Certaines créations originales seront diffusées pour la première fois. Parmi les artistes, on citera Alexandre Chanoine, Antoine Boute, Félix Blume, Jonathas de Andrade, Julie Rousse, Léna Hiriartborde, Maxime Berthou, Robertina Šebjanič, Špela Petrič

Leurs projets présentés dans le cadre de Métaboles sont porteurs de réflexions dans les domaines des relations entre l’humain et son environnement naturel, autour des notions de soutenabilité, de résilience et des effets du capitalocène sur les autres êtres vivants.

Métaboles est soutenu par quatre associations — 1979, Diffusing Digital Art, M2F et Otto-Prod. La programmation est conçue par Luce Moreau (artiste résidente et membre active de Circulaire, co-directrice avec Paul Destieu de l’association M2F Créations Lab Gamerz à Aix-en-Provence et d’Otto-Prod à Marseille) et Constance Juliette Meffre (également membre active de Circulaire, productrice et commissaire d’exposition à D.D.A Contemporary Art).

> du 22 au 26 juin, Ateliers Jeanne Barret, 5 bd de Sévigné, Marseille 15
> https://www.jeannebarret.com/event-mtaboles
> http://metaboles.art/

Appel à candidatures 2022

Ouvert à l’automne 2020, le Lavoir Numérique est un équipement culturel de l’Établissement Public Territorial (EPT) Grand-Orly Seine Bièvre qui est l’un des douze territoires de la Métropole du Grand Paris.

C’est un lieu de diffusion et d’éducation dédié à l’audiovisuel numérique : ses champs d’exploration sont l’image fixe, l’image en mouvement et le son numériques. Sa programmation s’articule autour d’expositions, de projections cinématographiques et vidéos, de conférences, de spectacles, de concerts. Un important programme d’actions permettant la découverte et l’apprentissage par la pratique y est également développé. Le Lavoir Numérique est ouvert à tous les publics, amateurs et professionnels, débutants comme confirmés.

Le Lavoir Numérique inaugure son programme de résidences de création avec un appel à candidatures national pour la saison 2022. Ce programme de résidence de création propose l’accueil de trois créateur·rice·s durant un temps de résidence commun de deux mois (période fixe du 7 mars au 6 mai 2022), chacun·e intervenant dans un domaine d’expression différent issu du champ de l’audiovisuel numérique : l’image fixe, l’image animée ou le son.

Il offre aux candidat·e·s sélectionné·e·s la possibilité de créer une ou plusieurs œuvres de leur choix en explorant ce que les outils numériques apportent à la création dans le champ de l’audiovisuel numérique actuel, et en mettant au cœur de leur démarche un ou des publics du territoire.

L’appel à candidatures s’adresse à tout créateur·rice français·e ou étranger·ère résident·e sur le territoire national et ultra-marin français ayant une pratique significative de l’une de ces activités : photographie, musique, composition ou design sonore, réalisation, animation, etc. La sélection se fera sur dossier. La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 4 juillet 2021 à minuit.

Infos et modalités de candidature > https://lavoirnumerique.grandorlyseinebievre.fr

L’imagination au défi du réel

Parrainé par Joël de Rosnay, ce festival est un projet collaboratif lancé en 2010 par Le Cube, Triple C et JD2 qui s’articule autour d’émissions interactives filmées (au Cube) et diffusées en direct, puis en replay sur le web et les réseaux sociaux.

Cette année, les 5 et 6 mai, ces Rendez-Vous des Futurs accueilleront une quarantaine d’intervenants (scientifiques, artistes, écrivains, philosophes, youtubers, entrepreneurs, etc.) autour de sujets d’innovation sociale, technologique et créative pour penser demain. Parmi les participants : Nathan Stern, Isabelle Collet, Éric Lenoir, Michael Stora, Fabiana Cruz, Jean-Michel Besnier, Dominique Moulon, Yann Minh, Ariel Kyrou

Cinq grandes questions structurent cette édition 2021 : La créativité numérique au cœur de l’innovation pédagogique ; Les médias du futur, nouveau paradigme d’information ; Le nudge et les neurosciences au service du bien commun ; L’Éconologie, pour mettre la nature au cœur de l’économie ; Les nouveaux imaginaires, pour défier l’impossible.

> Les Rendez-Vous des Futurs, les 5 et 6 mai
> À suivre en ligne, sur inscription.
> Et sur la chaîne Twitch du Cube : @lecube_art
> https://lecube.com/notre-ecosysteme/les-rendez-vous-des-futurs/

Le festival qui explore l’immersion

Nouveau festival né de la collaboration avec Fisheye, Les Ailleurs est un territoire d’expérimentation et de prise de parole sur nos modes de vie à travers le prisme des technologies immersives. La programmation, réalisée en partenariat avec Fabbula, propose pendant 3 mois à la Gaîté Lyrique, dans un nouvel espace dédié aux écritures immersives, audio et visuelles, une sélection de 10 œuvres en réalité virtuelle, son spatialisé et écrans interactifs à travers 3 parcours thématiques. 

Le premier parcours, Voyages sauvages, est une invitation aux périples symbiotiques dans les mondes non humains. Le public part à la rencontre des méduses synesthésiques de Mélodie Mousset et Edo Fouilloux (The Jellyfish), qui leur apprendront les champs vibratoires des profondeurs avant de se lier avec les attachantes créatures d’Éric Chahi lors d’une balade contemplative dans un monde terraformé (Paper Beast), puis s’initier au langage de la Polyrythmie des cachalots, et de découvrir le monde tout en décélération et fleurs hybrides de l’artiste Lauren Moffatt (Of Hybrids & Strings).

Le deuxième parcours, Transports intimes, emmène le public dans les multiples territoires de soi-même. On y plongera dans un immense réseau reliant les recoins les plus intimes de nos lieux d’habitations (The Smallest of Worlds), on fera l’expérience de solastalgie dans la projection interactive de Pierre Zandrowicz et Ferdinand Dervieux (What is left of reality), avant de revivre l’odyssée familiale de Randall Okita, dans une des expériences de réalité virtuelle les plus réussies de ces dernières années (The Book of Distance).

Enfin, dans le parcours Dimensions parallèles, on ira carrément se perdre dans le virtuel pour mieux se retrouver au retour. Avec les artistes Laurie Anderson et Hsin-Chien Huang, on voyagera sur la Lune pour y prendre de la hauteur sur notre vision du monde (To The Moon), on y tentera une expérience psychédélique libératrice (Soundself) avant de se laisser sidérer par la performance de transfiguration du performeur Olivier de Sagazan, filmé par Qiu Yang (O). [communiqué de presse]

> jusqu’au 11 juillet à la Gaîté Lyrique (condition d’accès réduite, sur réservation)
> toute la sélection du festival est aussi accessible en ligne sur la plateforme Viveport pour les personnes équipées de casque VR
> https://gaite-lyrique.net/festival/les-ailleurs

Itinérance créative avec Cristina Hoffmann

Synonyme de rêverie ou de folie, de mouvement hydraulique ou d’errance animale, « divagation » est un mot riche de sens.  Appliqué à la démarche artistique actuelle de Cristina Hoffmann, ce terme renvoie à un projet nomade qui sort du cadre, des cadres habituels de la création, de l’interaction et de l’exposition.

« Le Département de la divagation », auquel MCD est associé en tant que partenaire, marque le début d’un nouveau cycle dans le cheminement de Cristina Hoffmann, artiste pluridisciplinaire, ingénieure de formation et designer dans une vie antérieure. C’est bien un « cycle » comme on peut en parler à propos de certaines œuvres protéiformes de science-fiction, tant ce projet se présente sous de nombreuses facettes, toujours en mouvement et en cours d’élaboration.

Les points d’entrée dans ce projet labyrinthique, rhizomatique, sont le dessin et l’écriture. Des tracés quasi quotidiens, presque rituels, influencés par le lieu, le moment, les réactions du public, l’état d’esprit de l’artiste. Ce sont aussi les premières pierres d’une base de données qui doit nourrir un dispositif d’Intelligence Artificielle. En enregistrant les traits de ses dessins sous forme vectorielle et non pas simplement les pixels désincarnés, couplés à des phrases poétiques, Cristina Hoffmann met en place un protocole de création future, ou plutôt de co-création future, dans laquelle l’IA est un assistant (et non pas un artiste 2.0).

Le Département de la divagation se déploie en une arborescence sur laquelle se distribuent différentes sections de ce projet où se mêlent constamment recherche et création, expérimentation et participation. Ainsi, la « section des divagations mystérieuses », moins cryptique que ne le laisse supposer son intitulé, permet de rassembler diverses créations (dessins, écriture, etc.), que celles-ci soient réalisées en solitaire ou en interaction avec un public, et d’établir un protocole d’action concerté.

Celle des « divagations partagées » se rapporte aux moments et aux lieux où l’artiste développe sa création sous le regard et au contact du public. Un public qui, en retour, est invité à explorer ce travail de façon collective et participative. Dans la « section des divagations articulées », ce sont les métamorphoses des productions « brutes », issues des autres sections, qui sont mises en avant en vue d’aboutir à des pièces finies (i.e. aptes à être installées, montrées, performées, vendues, etc.).

Les « divagations artificielles » se rapportent à des collaborations avec des ingénieurs et chercheurs pour une approche plus technique, afin de comprendre le mécanisme de certains dispositifs et technologies, d’en tester les limites, de jouer de leurs dysfonctionnements, etc. La « section des divagations elliptiques », plus introspective, renvoie à des lectures et des analyses du travail d’artiste — ici centré sur la synergie image / pensée — en complicité avec la philosophe Manuela de Barros (Université Paris 8). Pas de conférence au sens strict, mais l’essai d’une autre forme de présentation et de dialogue, plus proche de la performance.

Pas d’atelier non plus, mais un « laboratoire d’expérimentation collective ». En clair, il ne s’agit pas pour Cristina Hoffmann de se transformer en animatrice ou médiatrice, mais de donner accès son univers, à son processus de création (étape en général occultée), directement et horizontalement, sans hiérarchie et avec bienveillance. Ces rencontres ouvertes avec le public trouvent donc leur acmé dans le « Laboratoire de divagation » qui permet de faire co-exister plusieurs sections, notamment « partagées » et « articulées », et aussi d’expérimenter sur les possibilités et formes d’exposition. Ici, c’est donc le principe de création qui fait œuvre et qui est exposé.

Le projet de Cristina Hoffmann est enchâssé dans « le grand jeu » d’exploration du territoire placé sous l’égide de la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs du 11ème arrondissement de Paris, qui a lieu jusqu’en septembre prochain. Il s’offre en parallèle à d’autres artistes (Benoît Labourdette, cinéaste ; Louise Emö, autrice et metteuse en scène ; Cyril Leclerc, artiste son et lumière ; Willy Pierre-Joseph, artiste du mouvement) et entre en résonnance avec la thématique de l’édition 2021 de cette initiative : Connexion, ou comment penser cette question de l’influence réciproque entre le numérique et les interactions humaines.

De fait, Cristina Hoffmann est « inter-connectée » à plusieurs lieux et publics (dont les seniors grâce au partenariat avec MCD). Outre la MPAA Breguet, Cristina Hoffmann, artiste en résidence de création depuis 2019 au Centre des arts d’Enghien-les-Bains achève actuellement un temps de travail après 1 mois de résidence, lequel sera renouvelé pour une nouvelle période de 3 semaines en mai/juin. Elle investira alors les espaces d’exposition pour y présenter l’avancement de ses recherches actuelles, mais aussi un ensemble d’installations issues de précédentes réflexions, mêlant la question de la perception et de la lumière. Un « Séminaire de la divagation », organisé sur 3 jours avec des étudiants de Paris-Nanterre / École Universitaire de Recherche ArTeC étant au programme. Une série de « Laboratoires de la divagation » aura lieu au Palais de la Femme, puis à la Gaîté Lyrique et à la Maison des Métallos. D’autres rendez-vous, certains en ligne, se succèderont jusqu’à la rentrée.

Infos
> http://cristinahoffmann.com/
> https://www.instagram.com/cristina.hoffmann/
> https://www.mpaa.fr/faire-jouer-territoire
> https://www.cda95.fr/fr/cristina-hoffmann

Le Département de la Divagation, en partenariat avec le Centre des arts d’Enghien-les-Bains, l’Eur ArTeC, l’Université Paris 8, l’Université Paris Nanterre, La Maison des Pratiques Artistiques Amateurs, Le Palais de la Femme, La Maison des Métallos, le festival MIX UP, l’association MCD, le SAMUSOCIAL, le Centre social le Picoulet, le Centre Social Autremonde, le Centre Social Solidarité Roquette, la Mairie de Paris, la Mairie du 10ème et du 11ème, et la Mairie d’Enghien-les-Bains.

Un consortium pour favoriser l’interdisciplinarité entre art et science médicale

Open-source et pratiques artistiques expérimentales… La conjonction de ces deux tendances touche aussi le domaine médical ; en particulier sous l’influence des hackers et autres makers… Dans le sillage de cette nouvelle alliance, un cortège de questions sur l’appartenance du corps face à la toute-puissance des laboratoires pharmaceutiques et à la collecte administrative des données. Une problématique qui résonne étrangement dans le contexte de la pandémie actuelle.

Le projet ART4MED a pour objectif de rapprocher la recherche biomédicale et les artistes qui explorent ces questions d’accès aux soins, de droit corporel et individuel, de désacralisation de la science et, comme toujours, de détournement des technologies. Co-financé par le programme Creative Europe de l’Union européenne, cordonné par Art2M / Makery, ce consortium regroupe cinq structures partenaires : Bioart Society, Kersnikova, Laboratory for Aesthetics and Ecology, Waag Society.

L’objectif se décline également en cinq points : construire une coopération transnationale interdisciplinaire ; ouvrir de nouveaux champs d’expérimentation et de création ; permettre la fertilisation croisée et le partage des connaissances, des technologies, des compétences et des expériences ; produire des ressources ouvertes et transférables pour mieux comprendre les processus de co-création entre l’art, la science et la technologie ; susciter l’intérêt du public et le sensibiliser au rôle des artistes dans l’ouverture de réflexions disruptives

Au programme des résidences accueillant 5 projets d’artistes : Xeno-Optimizations for Arctic Survival (Emilia Tikka), The Art of Repair (Edna Bonhomme & Luiza Prado), Quorum Sensing: Skin Flora Signal System (Helena Nikonole & Lucy Ojomoko), Xenological Preterrelations (Adriana Knouf), UNBORN0X9 (Shu Lea Cheang). Ainsi que des symposiums, ateliers, expositions, interventions en ligne… Cette initiative sera couronnée par une publication et un festival à Paris en 2022.

> https://art4med.eu/

Arts numériques, art sonore & nouvelles écritures : résidence au Château Éphémère

Depuis sept ans, l’association Vanderlab est implantée au Château Éphémère, lieu dédié à la création numérique, sonore et musicale, initié par les associations Usines Éphémères et Musiques & Cultures Digitales.

Dans le cadre de son programme de résidences, le Château Éphémère lance son appel à candidatures 2021-2022, dont la finalité est de soutenir la création artistique sonore et numérique tout en faisant bénéficier le territoire et ses habitant·e·s.

Sont éligibles, tous les projets faisant appel dans leur processus de production aux nouveaux usages du numérique ainsi qu’à la création sonore et musicale sont éligibles.

Les projets peuvent être déposés par un·e artiste, un collectif, une structure de production ou de diffusion. Une attention sera portée aux projets artistiques souhaitant développer des actions en direction du tissu local (ateliers, rencontres…). Chaque résidence sera susceptible d’être ponctuée d’une restitution publique.

Chacun des 12 projets lauréats est accueilli entre les mois de novembre 2021 et juillet 2022 pour une durée d’un mois maximum. Ils bénéficient de la mise à disposition d’un logement, d’un espace de travail, de l’accompagnement et du parc technique du Château Éphémère.

Le formulaire d’inscription est à télécharger ici. Il doit s’accompagner d’un dossier artistique, d’une note d’intention descriptive du projet, et d’une fiche technique prévisionnelle.

Le dossier de candidature complet est à envoyer au plus tard le mercredi 31 mars 2021 à 12h auprès d’Imane Lehérissier, responsable de la programmation, à l’adresse suivante : aap@chateauephemere.org

Les candidat·e·s recevront une réponse au plus tard fin mai 2021.

> https://chateauephemere.org/

Power to the commons

Pandémie oblige, la huitième édition d’Afropixel se déroulera en ligne. IRL, ce festival est basé à Dakar au Sénégal et porté par Ker Thiossane ; lieu de recherche, de résidence, de création et de formation autour du multimédia dans les pratiques artistiques. Cette manifestation est axée cette année sur la notion de Commun. Traduction littérale de l’anglais common, ce terme désigne les biens communs. Cette notion de propriété collective pour le bien — et non pas au profit — de tous a été réactivée dans le sillage de l’open-source, mais ne se limite pas au domaine du numérique. La crise sanitaire, économique et climatique que nous traversons actuellement rend cette nécessité de réappropriation, de retour aux communautés, et de solidarité encore plus impérieuse ; en particulier sur le continent africain.

Cette situation se complique encore sous le poids des techniques qui nous laissent entrevoir un futur de plus en plus rationalisé, globalisé, cadenassé… L’heure est donc à la riposte : la défense et la préservation des biens communs deviennent une lutte collective dans laquelle les artistes et les intellectuels ont un rôle essentiel à jouer. L’intention d’Afropixel est de croiser les regards entre artistes, penseurs et publics sur l’usage des technologies (…), à réfléchir à la nécessité de s’approprier les technologies pour agir localement en ouvrant la fenêtre à des futurs communs. Ces regards sont d’autant plus importants qu’ils apportent une vision décentrée, celle des Suds, en contrepoint à celle de l’Occident. Mais en invitant aussi des artistes et intervenants européens, Afropixel instaure un dialogue et un échange sur la manière d’expérimenter, de s’approprier et de détourner ces technologies émergentes.

Concrètement cela se traduit par une exposition virtuelle, intégralement disponible en ligne, qui présente des œuvres et installations incitant à une certaine prise de conscience des possibles dérives sociétales induites par ces technologies de contrôle qui transforment déjà notre vie quotidienne. Avec en exergue l’Intelligence Artificielle désormais capable de générer des créations originales, qu’elles soient musicales, picturales ou encore écrites. À cette exposition réunissant une dizaine d’artistes se rajoutent trois tables rondes (Agora) où il sera question du défi posé par l’IA, ainsi que du bien commun appréhendé sous le prisme de quelques concepts propre à l’hémisphère sud (buen vivir / sumak kawsay, pour l’Amérique Latine, l’Ubuntu ou la notion d’humanisme issu d’Afrique du Sud).

Ker Thiossane étant aussi un lieu de résidences, Afropixel est l’occasion de nous offrir un aperçu de ce qu’il s’y trame et fusionne. Comme pour les autres évènements du festival, ces restitutions seront accessibles en direct via des expériences virtuelles et des performances participatives. Ainsi, réunis autour de l’artiste et hôte Marcus Neustetter, une douzaine de participants s’attacheront à imaginer, explorer et montrer à quoi pourrait ressembler un futur commun. Une deuxième résidence plus ludique et acidulée devrait voir le collectif d’artistes japonais Nani$ôka entraîner le public dans une sorte de happening, entre concert, performance et rituel politique.

Deux ateliers sont également au programme. Le premier est réservé aux ados qui seront invités par le chorégraphe belge Ugo Dehaes — en collaboration avec l’artiste Doulsy et le Fablab maison Defko ak Niep (Fais-le avec les autres) — à fabriquer leur propre petit robot, sur le modèle de ceux qu’il a construits pour son spectacle Forced Labor. L’idéal pour s’initier à la programmation sur Arduino et aux techniques d’impression 3D pour l’habillage de ces anthropoïdes. Le deuxième, plus technique, permettra à des artistes et des jeunes d’Afrique de l’Ouest de se familiariser avec le data et deep learning sans lesquels l’Intelligence Artificielle ne serait rien.

Afropixel #8, powers to the commons
agora, performances, ateliers, expos avec Joy Buolamwini, Shalini Kantayya, Marta Revuelta, Filipe Vilas-Boas, Matthieu Cherubini, Ugo Dehaes, Melia Roger, Josefa Ntjam, Pre-Empt Collective, Faye Kabali-Kwaga, Nkhensani Mkhari…

> du 10 mars au 10 avril, online version
> http://www.ker-thiossane.org/
> https://www.afropixel8.com/