Archive d’étiquettes pour : Suzanne Treister

Elektra Biennale 2026

Depuis quelques années, les jeux vidéo, et les références qui leur sont associées, occupent une place de plus en plus importante dans l’art contemporain… Une nouvelle génération d’artistes utilise les jeux et les jeux vidéo comme un mode d’expression naturel, mais aussi comme un moyen d’articuler son rapport au passé, à la culture contemporaine et à la société.

Pourtant, il existe une histoire parallèle, ancrée dans les communautés de création de jeux expérimentaux, où ce médium est exploré de manière radicale depuis les années 1980. Ces créateur·ices ont façonné la forme, l’esthétique et les possibilités du médium, élargissant et repoussant les limites du jeu en tant que forme artistique.

La 8e Biennale ELEKTRA rassemble deux trajectoires parallèles d’expérimentation : d’une part, des artistes qui intègrent le jeu dans l’art contemporain, et de l’autre, des créateur·ices issu·es du game design.

F(R)ICTION met en lumière ces trajectoires pour en révéler les priorités et les esthétiques sous-jacentes… L’exposition reflète la diversité des expressions et des perspectives qui ont façonné la création de jeux expérimentaux, en réunissant des créateur·ices de différentes générations, origines et régions du monde.

F(R)ICTION unit deux idées : la rencontre et la puissance de l’imaginaire. La friction naît de la différence, quand des textures distinctes se rencontrent. La friction ralentit les déplacements, mais elle est synonyme d’un mouvement… L’exposition F(R)ICTION ne voit pas la friction comme une résistance, mais comme une condition du mouvement et du changement.

Partant d’œuvres pionnières jusqu’à celles des nouvelles générations qui évoluent entre ces deux champs, l’exposition F(R)ICTION retrace la manière dont ces approches distinctes ont élargi et continuent d’élargir les possibilités du jeu en tant que forme artistique.

rencontres, ateliers, bibliothèque temporaire, expositions, installations…
avec Lynn Hughes, Ida Toft, Matthew Biederman, Baron Lanteigne, Sabrina Ratté, Inhwa Yeom, Alain Thibault, Nathalie Bachand, Alessandro Ludovico, Ayoung Kim, Leo Castañeda, Maize Longboat, Suzanne Treister, Afrane Makof, Anna Anthropy, Mélanie Courtinat, Davey Wreden, Jonathan Coryn, aenl, Kara Stone, Nonsense Arts, Pippin Barr, A.M. Darke, Bernie DeKoven, Jaron Lanier, Medulla Studio, Robert Yang, Studio Oleomingus, Vanny, Lee Wilkins…

> Elektra Biennale 2026, F(R)ICTION : art et jeux
> du 15 octobre au 15 Novembre, Montréal (Québec / Canada)
> https://www.elektramontreal.ca/

Techniques divinatoires, divination algorithmique et échos du futur

L’exposition Prophéties est au cœur de la programmation de la 23e édition du festival Scopitone qui se déroulera à Nantes du 17 au 21 septembre 2025. Comme son titre le laisse deviner, si l’on ose dire, les œuvres combinent pratiques séculaires et numériques. Si le désir de connaître ce qui peut advenir, ce qui doit venir, taraude l’humanité depuis toujours, qu’en est-il aujourd’hui dans notre monde numérisé ?

Pierre-Christophe Gam, The Sanctuary of Dreams. Photo: D.R.

Cette exposition offre une réponse en trois temps. Le premier intitulé Techniques divinatoires réunit des œuvres qui reprennent et mettent en scène des objets, rituels et protocoles censés laisser entrevoir l’à venir. Les tarots « numériques » de Räf & Clö (Tarötmatön) et ceux de Suzanne Treister (Hexen 2.0 et Hexen 5.0) qui retracent l’histoire d’une contre-culture technologique. L’astrologie appliquée à la prospective immobilière d’Alice Bucknell (Align Properties). Ifá, le système divinatoire des Yorubas aussi complexe que le Yi King chinois, en filigrane dans l’installation vidéo de Pierre-Christophe Gam (The Sanctuary of Dreams) qui combine paysages sonores, dessins, réalité augmentée et animations 3D…

Gwenola Wagon & Pierre Cassou-Noguès, Au bord du temps. Photo: D.R.

Dans un deuxième temps, baptisé Divination algorithmique, les œuvres montrent la « coalition » qu’il peut exister désormais entre l’intelligence artificielle générative et les techniques divinatoires. Entre invocation et simulation avec les dispositifs interactifs de Daniela Nedovescu & Octavian Mot alias mots (The Confessional et AI Ego), inspiration médiumnique pour Albertine Meunier (Qui est là ?), préhistoire réinventée à l’aune du futur grâce à Véronique Béland & Julie Hétu (L’Archeosténographe) et, plus classique, le détournement des codes et logiques économiques d’Internet par Tega Brain & Sam Lavigne (Synthetic Messenger).

Tega Brain & Sam Lavigne, Synthetic Messenger. Photo: D.R.

Le troisième temps, les Échos du futur, questionne autant notre avenir proche que le présent. Pour Thomas Garnier qui ressuscite de manière high-tech les théâtres d’ombres du XVIIIe, le passé annonce de mauvais Augures… Alain Josseau anticipe le traitement médiatique des guerres automatisées de demain (Automatic War et UAV Factory). En revenant sur les incendies qui ont ravagé les Landes en 2022, Gwenola Wagon & Pierre Cassou-Noguès s’interrogent sur la nature des images d’actualité et leur statut d’archive au long cours (Au bord du temps).

Alain Josseau, Automatic War. Photo: D.R.

Entre fiction et dénonciation, le collectif Disnovation.org, au travers de son Bestiaire de l’Anthropocène, dresse un inventaire des créatures hybrides de notre époque : plastiglomérats, chiens-robots de surveillance, arbres-antennes, aigles anti-drones… Avec Misunderstandings, Rocio Berenguer développe également un récit prospectif et pétri d’imaginaire pour retracer l’histoire de la divination et des pronostics, alliant cailloux de compagnie, technologies prédictives du Moyen Âge et apprentissage de langage extraterrestre…

Exposition Prophéties
> Scopitone 2025, 23e édition
> du 17 au 21 septembre, Nantes
> https://stereolux.org/