Visualiser le son est une exposition collective (sons, vidéos, art génératif, installations interactives, projections, rencontres) qui présente différentes approches quant à ces connexions, et cela à travers différentes perspectives : les partitions graphiques de Chiyoko Szlavnics et Clara de Asís ouvrent la porte vers une conception plus ample et visuelle de l’écriture musicale.
Les vidéos de Simon Girard et Julien Haguenauer, ainsi que les données sonifiées et mises en vidéo par le duo britannique Semiconductor, nous montrent comment les images et les sons peuvent être traités et générés d’une même manière. Les images fixes de Sigolène Valax et Sabina Covarrubias proposent des musiques dont la sonorité est perçue en tant que couleur et forme, tandis que l’art génératif de Guillaume Loizillon révèle le champ des possibles de l’univers du web.
Enfin, l’interactivité et la gestuelle sont mis en évidence dans les travaux de Basile Chassaing et la pièce que [Federico Rodriguez-Jiménez] propose : les capteurs de mouvement ou de son permettant au spectateur de voir le sonore en tant que geste ou en tant qu’image en temps réel. Visualiser le son ouvre une réflexion autour des possibles zones de brouillage entre le son et l’image.
En répondant à l’écriture traditionnelle du phénomène sonore, cette exposition enquête sur l’écriture musicale elle-même et pointe vers de nouvelles directions concernant la notation des mondes sonores contemporains. […] Et s’il est question, dans l’exposition Visualiser le son, de données qui génèrent indifféremment des sons ou des images, d’outils technologiques qui réinventent l’écriture musicale, la programmation cinéma qui l’accompagne dresse quant à elle un panorama des relations entre « audio » et « visuel »…
https://digitalmcd.com/wp-content/uploads/2025/11/logo-mcd-noir.svg00Laurent Dioufhttps://digitalmcd.com/wp-content/uploads/2025/11/logo-mcd-noir.svgLaurent Diouf2023-03-12 01:16:572023-03-12 01:16:57Visualiser le son
La 38e édition de Vidéoformes, le festival international d’arts hybrides et numériques de Clermont-Ferrand, aura lieu du 16 mars au 02 avril et affiche un programme très riche.
Dédié à des créations hybrides, c’est-à-dire mêlant art et science, cet événement invite à parcourir les multiples détournements de jeux vidéo, à aborder les questions environnementales, la perception et la représentation du corps, du paysage, la couleur et des esthétiques culturelles différentes au travers d’expositions, performances, projections et rencontres.
Le festival proposera notamment une sélection de films et d’expériences en réalité virtuelle. Dont I-Real, un projet de réalité mixte qui mélange jeu de plateau et VR conçu par Marc Veyrat en collaboration avec des laboratoires universitaires. Et Inside A Circle Of Dreams, une vidéo 360° des Residents qui utilise des images stéréoscopiques tournées lors du festival Litquake en 2018 à San Francisco.
Des prix seront décernés par des jurys (professionnel, étudiant, SCAM) pour distinguer des vidéos internationales et expérimentales. Des journées de rencontres professionnelles — Actes numériques #4 — confronteront les points de vues des artistes, commissaires, producteurs, diffuseurs, formateurs, enseignants, étudiants…
Soit trois tables rondes qui ponctuent des présentations d’œuvres et d’artistes autour de thématiques choisies : Entre peau et pixels, le corps s’hybride (avec l’artiste Úrsula San Cristóbal et Davide Mastrangelo, directeur artistique du festival IBRIDA), Méta-vidéo, métaverse : l’arrière-boutique du monde… (avec le collectif d’artistes Total Refusal et Hokyung Moon, commissaire d’exposition du Seoul International NewMedia Festival), L’œuvre en soi-même : l’art au cœur d’un monde sans lumière ? (avec l’artiste Agnès Guillaume et Abir Boukhari, directrice artistique du projet AllArtNow).
En parallèle aura lieu Vaudou guéris (sage), une rencontre sous l’égide de la SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédia) réunissant Clémentine Raineau, anthropologue, et Henri Tauliaut, artiste techno-performer et enseignant-chercheur.
Des performances AV viendront rythmer le week-end d’ouverture, le 17 et 18 mars, avec DATUM CUT (alias Maxime Corbeil-Perron) qui viendra présenter en première mondiale inex.materia. Une célébration onirique de l’impermanence et de l’obsolescence nourrie par les coupes anarchitecturales, l’archéologie des médias, le cinéma expérimental et l’art vidéo.
Avec Untitled, Rafaël livrera une performance live-cinéma, qui manipule du son et de l’image en direct, basée sur le récent triptyque audiovisuel éponyme. Dans un autre registre, le live-mix vidéo de DZRDR devrait être plus percutant…
Une exposition, éclatée dans près d’une dizaine de lieux (9 pour être précis), nous permettra d’apprécier les installations audio-visuelles d’Anne-Sarah Le Meur (DixVerts), Ursula San Cristobal (Tejer un cuerpo), Total Refusal (Hardly Working), Shunsuke François Nanjo (The Infinite Landscape), Henri Tauliaut (Water Divinity Game), Gary Hill (Afterwards), Mariana Carranza (Ephemeral Angels), Agnès Guillaume (You said Love is Eternity)…
Une exposition collection, Vidéo Art Academy, proposera une sélection de vidéos issues des travaux d’établissements d’enseignement supérieur qui relèvent du champ de l’art vidéo et des arts numériques. Des ateliers d’initiation à la réalité augmentée seront ouverts au public.
Les visiteurs seront également mis à contribution pour l’installation interactive de Mariana Carranza, Forest Stillness. Ce dispositif offre la possibilité de faire pousser des arbres de manière contemplative, d’observer leur croissance avec une économie de gestes… Cette contribution sera validée par des NFT.
Il reste encore quelques jours pour parcourir l’exposition consacrée à Christian Marclay au Centre Pompidou à Paris. Connu pour ses performances en tant que platiniste (en anglais, turntabilist), il est également reconnu pour ses nombreux « détournements » de disques et samplings vidéo.
Parmi les pièces exposées figurent des vinyles lacérés, balafrés avec des pastilles et du scotch, rayés ou collés en morceaux… Des disques « préparés » pour ses performances justement. C’est principalement sur, avec et autour de ce support musical que Christian Marclay déploie sa pratique artistique liée au son, au bruit, à la musique et à l’image…
Dans cette exposition, on découvre de nombreux détournements, collages, montages. À commencer par les patchworks de pochettes de disque qui composent des instruments étirés (Guitar neck) ou des personnages au corps composite, si ce n’est transgenre (la série Body mix). À ces cadavres exquis s’ajoutent aussi d’autres juxtapositions de pochettes présentant le même motif (pin-up des années 50, chefs d’orchestre exaltés, bouches qui forment une étrange rosace)…
Jouant la répétition d’une même pochette, celle de My Fair Lady (Rex Harrison & Julie Andrew) et des disques qu’elles renferment, Christian Marclay a construit deux gigantesques silhouettes qui ressemblent à des marionnettes (Galatea and Pygmalion). Il a aussi créé de fausses pochettes de disques plus vraies que nature (Imaginary Records).
Selon le principe de l’accumulation, Christian Marclay a aussi érigé des disques en une colonne sans fin qui évoque Brancusi (Endless Column). Beaucoup de ses pièces font d’ailleurs référence, de manière implicite ou explicite, à des monstres de l’art contemporain — comme sa guitare molle qui renvoie à Dali (Prosthesis) — mais aussi au mouvement Fluxus et au Punk.
Pour autant, le vinyle n’est pas le seul support que Christian Marclay soumet à son imagination. Il s’est aussi amusé à tisser une sorte de hamac géant symbolisant les mailles du réseau (Net) avec des bandes magnétiques, ainsi qu’une sorte de coussin, The Beatles, qui comme son nom l’indique est « composé » avec l’intégralité des enregistrements du groupe.
Il bricole également une roue de chariot avec des CDs fondus (Wheel) et forme un cercle avec des K7 audio (Untitled : cassette circle). Il réalise également des œuvres « entremêlées » en déroulant et mélangeant, cette fois au figuré, des bandes de cassettes (Memento, Mashup : diptych with two cassettes, Allover).
Au-delà de la musique et de la diversité de ses supports, c’est plus généralement le son et l’image du son que Christian Marclay s’amuse mettre en valeur. En premier lieu les onomatopées significatives de la BD (Blamm, Schhhh, Swooosh, Whomp, Aaaaah, Poom…) qu’il rassemble, découpe et ré-assemble pour composer des suites, des tableaux ou des portraits dignes du Comic Strip de Gainsbourg. Christian Marclay traque également les marques d’objets, étiquettes de boisson, annonces et enseignes de magasins qui font également appel à des onomatopées (Zoom, Zoom).
De l’image statique à l’image animée : Christian Marclay poursuit son travail sur vidéo, toujours selon le principe de répétition, juxtaposition et variation. Son œuvre emblématique, The Clock, qui séquençait des milliers de scènes de film où l’heure est indiquée, formant un « cadran cinématographique » de 24 heures projeté en indiquant le temps réel lors de sa diffusion n’est pas présentée ici.
Mais on peut revoir Téléphones, une vidéo pré-portable qui date de 1995 et compile des extraits de films avec bruits de cadrans, compositions de numéro, sonneries intempestives, allôôôô stressés et raccrochages frénétiques… Autre bijou dans le même style : Doors. Un exercice de sampling vidéo virtuose, inédit et spécialement réalisé pour cette exposition. Un travail de marqueterie qui enchaîne dans une continuité saisissante les ouvertures et fermetures de portes en démultipliant les personnages qui apparaissent à l’écran comme dans un ballet.
Art et science-fiction… C’est un sujet que l’on avait prévu d’aborder dans la revue papier de MCD… C’est le thème de l’exposition Les Portes Du Possible qui se déroule jusqu’au 10 avril au Centre Pompidou – Metz. Un événement qui rassemble des artistes plasticiens, des écrivains, des architectes et des cinéastes autour de 180 œuvres. Une exposition qui se prolonge avec des ateliers, lectures, danses, installations, conférences performées, projections…
À l’heure des blockbusters et des séries, cette manifestation replace les livres comme centre de gravité de la science-fiction. Le parcours d’expo est divisé en 5 chapitres qui portent le nom d’un roman emblématique : Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, Neuromancien du père du cyberpunk William Gibson, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick (mieux connu sous le titre Blade Runner), Soleil Vert d’Harry Harrison. Le cinquième volet fait appel à un livre moins connu, La parabole du semeur d’Octavia Butler, qui renvoie au courant de l’afrofuturisme.
Si ces ouvrages ont tous été écrits il y a plusieurs décennies, leurs thématiques restent d’actualité et sont l’occasion d’interroger les problématiques auxquelles nous sommes (toujours ou nouvellement) confrontées, de porter un regard critique sur notre quotidien et notre futur proche. En développant les possibilités du présent, en élaborant des récits à partir d’hypothèses scientifiques ou en concevant des modes de vie et des réalités inouïs, la science-fiction est un genre qui met l’homme face à l’altérité radicale. Elle propose une émancipation des discours politiques dominants, elle incarne la différence, l’utopie politique, le renouvellement profond de notre perception. De ce fait, elle est depuis toujours un terreau propice aux mouvements contestataires.
La fiction spéculative nous irrite, nous fait progresser en nous épouvantant, ébranle les remparts de nos habitudes et ceux de notre conscience. Si elle agit à partir des marges, les thèmes qu’elle aborde sont au cœur des problématiques sociétales actuelles qui nous concernent tous : la fragmentation sociale, l’ultra-capitalisme, les nouvelles formes de panoptisme et de totalitarisme, l’aliénation, le trans-/post-humanisme, la suppression des limites des genres, le colonialisme ou, bien entendu, le désastre écologique et l’obsolescence de l’Homme.
L’exposition, en ne se focalisant pas sur le prisme dystopique dominant, s’appliquera à œuvrer dans le sens d’une revitalisation et d’une réappropriation volontaire du futur. En d’autres termes, ici pas de fusées interstellaires ni d’extraterrestres, mais des ambiances, des situations et des paysages évocateurs d’un à venir incertain ou prometteur au travers de nombreuses vidéos, photos, sculptures, peintures, chorégraphies (The divine cypher d’Ana Pi), conférences (Jean-Michel Frodon, Alain Damasio, Héloïse Brézillon et Norbert Merjagnan), performances (Corps Hybride de Sabrina Calvo et Koji), et d’installations. En particulier Transchrones, une machine hybride conçue par Thomas Teurlai et Alain Damasio qui repose sur le mouvement rotatif de deux cylindres holographiques sonorisés qui génèrent des fictions visuelles et auditives…
Exposition Les Portes Du Possible : art et science-fiction
> jusqu’au 10 avril, Centre Pompidou – Metz
> https://www.centrepompidou-metz.fr/
Le « Grand Jeu » de la post-croissance est expliqué par le collectif Disnovation.org au travers d’une exposition jusqu’au 21 janvier à l’Espace Multimédia Gantner. Déjà présenté dans le cadre d’autres manifestations et festivals, Post Growth met en scène la critique du productivisme, les aberrations et les dégâts écologiques, climatiques, énergétiques et sociologiques, causés par le développement inconséquent de la « techno-science ». Sur ce plan, Disnovation s’affirme comme un lointain héritier des universitaires — de Jacques Ellul à Alain Gras, en passant par Jürgen Habermas, Gilbert Simondon ou Bernard Charbonneau — qui ont remis en cause le culte de la technique et pointé les conséquences écologiques de la production et de la consommation effrénées.
Le fruit de cette critique se matérialise par des installations et des interventions ; le collectif préfère le terme d’expérience laboratoire pour désigner notamment des situations et objets qui traduisent physiquement et symboliquement cette problématique de la post-croissance. Les œuvres proposées sont ainsi des éléments de réflexion et de décodage permettant d’appréhender ces questions au-delà du point de vue théorique, de mesurer concrètement l’ampleur de la catastrophe qui vient » (et qui dans certains cas est déjà là…).
Ainsi, le Bestiaire de l’Anthropocène, sorte d’atlas des espèces « hybrides » en 24 planches regroupant plantes, animaux et minéraux chimériques, et pourtant bien existants, corollaires de l’industrialisation sans frein : vaches à hublot, nouveaux virus, champignons radioactifs, matériaux résiduels (fordite), corps composites et autres artefacts inquiétants qui peuplent désormais notre monde. Disnovation.org a aussi développé une sorte de jeu de société avec des cartes « tactiques » (Post Growth Toolkit). Ces fiches permettent d’initier des discussions et débats autour de quelques notions clefs (énergie zombie, court-termisme, extractivisme, effet rebond, soleil ancestral, artificialisation globalisée, informatique effondriste, principe de la 7e génération…).
Dans le même ordre d’esprit, les Energy Slave Tokens concrétisent, sous forme de poids en bitume, le temps de travail humain rapporté à une quantité d’énergie fossible équivalente (1 heure, 1 jour, 1 semaine, 1 mois). Sachant que, pour son fonctionnement et sa vie quotidienne, l’Européen moyen emploie l’équivalent de 400 à 500 « esclaves énergétiques » par jour… Visibilité encore avec The Farm, soit du blé cultivé « indoor » sur un mètre carré. Ce dispositif permet d’exprimer la partie obscure de l’économie, de quantifier les charges et les coûts « invisibles » ou non pris en compte par rapport à l’éco-système où s’insère une production donnée.
Post-Growth : imaginaires pour une société post-croissance, exposition par le Collectif Disnovation.org (Maria Roszkowska, Nicolas Maigret, Baruch Gottlieb, Jérôme Saint-Clair) avec Clémence Seurat, Julien Maudet, Nicolas Nova, Pauline Briand…
Émanation des associations Seconde Nature et Zinc, la Biennale des Imaginaires Numériques se déroule jusqu’au 22 janvier sur Aix-en-Provence, Marseille et Avignon. Cette troisième édition, lancée le 10 novembre dernier, est axée autour de la thématique de la nuit. Une thématique déclinée au travers de nombreuses installations, expositions, performances, concerts… Un moment d’échange est également réservé aux acteurs culturels lors de Rencontres Professionnelles du 18 au 22 janvier.
Ce rendez-vous, gratuit sur inscription, propose des tables rondes pour débattre des questions qui traversent actuellement l’art numérique, en particulier à propos des NFT. Une remise du prix de la Fondation Vasarely x Chroniques. Un focus sur le MIAN (Marché International de l’Art Numérique) avec la présence d’artistes, producteurs et programmateurs des pays invités lors des 3 éditions de la Biennale (Québec, Taiwan, Belgique).
Ces rencontres professionnelles seront aussi l’occasion de découvrir le programme européen Digital Inter/Section (DI/S) qui propose des modèles de développement pour des institutions culturelles du secteur des arts et cultures numériques. Ce projet vise à diversifier les sources de revenus et les modèles commerciaux de ces organisations tout en promouvant un développement économique durable, éthique et inclusif..
Rencontres Professionnelles de la Biennale des Imaginaires Numériques
> tables rondes, expositions et performances avec Ombeline Rosset, Pierre Pauze, Lucie-Eléonore Riveron, Justine Emard, Pierce Warnecke, Ana Bedenko, Mario Kudnosky, Klio Krajewska, Nicolas Wierinck, Wen-Chi Su…
> du 18 au 22 janvier, Aix-en-Provence, Marseille, Avignon
> https://chroniques.org/
Durant un mois, à partir du mercredi 9 novembre, le Labo Arts & Techs de Stereolux organise un Cycle thématique autour des Enjeux environnementaux des arts numériques. Au programme, une série de tables rondes sur le low-tech, l’éco-conception des arts numériques et la responsabilité du numérique et de la création artistique.
Le monde du numérique a semblé pendant longtemps épargné par les questions environnementales, apparaissant même pendant un temps comme étant une panacée en ce domaine face aux industries et entreprises de l’Ancien Monde… Mais la prise de conscience actuelle de l’urgence et de la globalité du problème du changement climatique oblige le secteur du numérique à faire en quelque sorte aussi son « auto-critique » et à réfléchir sur de nouvelles manières de créer, de montrer, de s’engager. Qui plus est, ce défi est devenu au fil des dernières années une véritable source d’inspiration pour les acteurs et créateurs du numérique.
Face à ce défi, les pistes et les questions multiples. Elles seront l’objet des discussions de ces tables rondes proposées tout au long de ce cycle. Les interrogations sur la réduction des impacts du numérique, par exemple, sont devenues fondamentales. Cela passe par un changement de paradigme dans notre manière de penser, de concevoir et d’utiliser le numérique, pour tendre vers une meilleure compréhension et une meilleure prise en compte des effets qu’il génère. S’il devient ainsi nécessaire d’inventer de nouvelles manières de faire, la mise en place de nouveaux imaginaires et sensibiliser les acteur(ice)s du secteur et utilisateur(ice)s est également un enjeu important.
La réduction de l’impact environnemental du secteur des arts numériques, que ce soit au niveau des œuvres, mais aussi au niveau des structures de diffusion et de production, sera au centre de ces débats. Le fait que la notion d’éco-conception, traditionnellement appliquée dans un contexte industriel, s’invite dans ce débat est révélateur d’une vision nouvelle, d’une autre « manière de faire ». Désormais, pour les démarches artistiques aussi il faut identifier les impacts environnementaux générés par les différentes étapes de création, de production, de diffusion et de conservation d’une œuvre, puis mettre en place des actions permettant de les diminuer, sans perdre de vue l’intention artistique initiale. Et dans le domaine des arts numériques, cette démarche croise à la fois des problématiques communes à d’autres domaines artistiques (choix de conception et de matériaux par exemple), mais aussi des enjeux plus particuliers, notamment au niveau des technologies numériques utilisées ou de modes de production, de diffusion et de conservation souvent spécifiques.
Dans ce contexte, la démarche low-tech est sans doute pionnière. Portée par de nombreux artistes s’inscrivant dans une approche critique des technologies numériques, souhaitant réduire l’impact environnemental et social de leurs projets, ou explorant les enjeux artistiques et esthétiques d’objets électroniques de première génération, moins complexes, et mêlant récupération, bricolage et recyclage. Cette démarche low-tech s’inscrit dans le contexte d’une prise de conscience sur l’impact environnemental et social des technologies numériques et semble pouvoir être une réponse possible aux problématiques qu’elles soulèvent. On notera toutefois que dans les pays de l’Hémisphère Sud, le low-tech est une réalité tangible depuis des décennies, non par choix ou prise de conscience tardive, mais simplement par nécessité…
Enfin, un workshop sur 3 jours, du mercredi 16 au vendredi 18 novembre, animé par les artistes Selma Lepart et Nathalie Guimbretière, sera consacré au low-tech et à la soft robotic. Ouvert à tous et singulièrement aux makers, designers, technicien(ne)s et artistes, cet atelier a pour objectif d’ouvrir de nouveaux champs exploratoires. Dans ce cadre, les participant(e)s seront amené(e)s à découvrir la robotique créative, à expérimenter et à créer des objets et des dispositifs à partir d’éléments souples et déformables (comme des éléments pneumatiques, de pliage mobile, etc.), mais aussi à partir de matériaux responsifs (par exemple les métaux à mémoire de forme).
Cycle thématique : enjeux environnementaux des arts numériques
Du 9 novembre au 8 décembre, Stereolux, Nantes
> https://www.stereolux.org/
Le festival Octobre Numérique est porté par l’association Faire Monde qui regroupe Actes Sud, la biennale Chroniques, Extramentale et Fabbula.
Au carrefour du jeu vidéo, des arts, du Web3 et du métavers, Octobre Numérique explore les mondes virtuels inclusifs, ouverts et durables et propose tout au long du mois d’octobre 2022, des expositions, performances, ateliers et rencontres dans des lieux emblématiques d’Arles et sa région avec Isabelle Arvers, Marie Leblanc Flanagan, Stella Jacob, Velvet Aubry & Morgan Labar, Anika Meier & Manuel Rossner, u2p050, Fabien Fabre, Marylou Petot, Fractal Fantasy, MHSR, NAXS Corp. & Meuko! Meuko!, Robert Lippok & Lucas Gutierrez, Sabrina Ratté…
L’exposition Jouer Collectif met en lumière des pratiques qui fabriquent du lien. Huit curateur·rice·s invité·e·s ont choisi de présenter un jeu vidéo ou un monde virtuel né d’un collectif et d’une volonté de partage. Le jeu devient le lieu d’affirmation d’un « soi communautaire », de fabrique de nouveaux imaginaires collectifs, d’expériences envoûtantes, ou encore le lieu d’une reconnection avec la nature.
L’édition 2022 d’Octobre Numérique sert également de cadre pour le lancement de Realities in Transition, avec l’accueil d’une délégation de professionnel·les européen·nes des industries créatives. Les objectifs de ce projet d’exploration et de soutien à la création XR sont notamment de constituer une communauté professionnelle européenne de créatifs et d’activistes XR, d’initier des réseaux de réflexion et de partage de pratiques, de s’interroger sur les défis politiques, économiques et créatifs que révèle le développement des environnements combinés réels et virtuels et les interactions homme-machine générés par la technologie.
Ce projet est conduit avec sept partenaires européens : L.E.V. Festival (Gijón, Espagne), Kontejner (Zagreb, Croatie), Black Euphoria (Marseille, France), Ars Electronica (Linz, Autriche), iMAL(Bruxelles, Belgique), V2_Lab (Rotterdam, Pays-Bas) et porté par l’association Seconde Nature (Aix en Provence, France).
Expositions, performances, VR, conférences, lives, projections : la 22ème édition du Festival accès)s( est axé autour du design et à sa capacité à faire signe dans l’Art.
L’invité d’honneur n’est autre que Samuel Bianchini présent avec 8 pièces, anciennes et récentes. Il interroge les rapports entre nos dispositifs technologiques, nos modes de représentation, nos nouvelles formes d’expériences esthétiques et nos organisations sociopolitiques en collaboration avec de nombreux scientifiques et laboratoires internationaux de recherche en sciences de la nature et en ingénierie.
Il y a aussi les fantômes d’artistes pionniers aujourd’hui disparus : Robert Breer (Floats, des sculptures flottantes créées au milieu des années 60 et exposées à l’exposition universelle d’Osaka en 1970) et Nicolas Schöffer (Lumino, une sculpture lumineuse élaborée en 1968 et qui a été commercialisée internationalement).
Parmi les œuvres étonnantes, signalons Haruspices, l’installation pneumatique et évolutive de Jonathan Pêpe. Composé d’une cage thoracique rigide à laquelle s’adjoint quatre organes en silicone, l’engin pulse un rythme d’humeurs déterminées par des flux en temps réel d’informations provenant des réseaux sociaux puis interprétés en quatre « émotions » par l’intelligence artificielle IBM Watson.
Mentionnons aussi Bug Antenna de Raphaëlle Kerbrat qui rend perceptible les ondes électromagnétiques, invisibles à l’œil nu, et inaudibles pour l’être humain, mais omniprésentes dans nos quotidiens. La sculpture-objet en réalité augmentée de Grégory Chatonsky et du designer Goliath Dyèvre, Internes (l’augmentation des choses), est pensée comme le premier mètre carré d’un devenir de l’ensemble la surface terrestre, celle d’un monde gris et post-apocalyptique que la VR colore et rend vivant.
Présentée pour la première fois en France, Value Of Values, de Maurice Benayoun, Tobias Klein, Nicolas Mendoza et Jean Baptistes Barrère, est une chaîne de création qui, de la Brain Factory à la Blockchain, en passant par la poésie transactionnelle, la co-création et les Twodiees, propose à son visiteur de donner lui-même forme à sa pensée à partir de 42 valeurs humaines. (…) En coiffant un casque EEG, chaque visiteur contribue à l’évolution d’une forme produite par ses ondes cérébrales et devient ainsi un Brain Worker au sein d’une Factory — une usine de formes artistiques virtuelles.
On s’attardera également sur trois œuvres VR. Celle de Faye Formisano, They dream in my bones – Insemnopedy II. Une installation- fiction racontant l’histoire de Roderick Norman, chercheur en onirogénétique ; science permettant d’extraire les rêves d’un squelette inconnu… L’installation monumentale de John Sanborn, The Friend VR, qui nous immerge dans une église reconstituée où des personnages célèbrent leur liberté et la création d’une nouvelle utopie. Le projet immersif de Vincent Ciciliato & Christophe Havel, II Canto dei suicidi, inspiré du Canto XIII de la Divine Comédie de Dante.
Une exposition virtuelle et protéiforme, conçue par le collectif PrePostPrint, laboratoire et groupe de recherche autour des systèmes de publication libres alternatifs, sera « accessible » sur > https://xx2.acces-s.org/ Sans oublier une nuit electro avec Nkisi, Sarahsson, Danse Musique Rhône Alpes, V9 pour finir en beauté.
Rendez-vous annuel du Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, Panorama est placé cette année sous le signe de la frontière invisible, celle qui nous fait passer de l’autre côté du miroir via des installations vidéos et projections. L’autre côté, c’est aussi l’autre vie de cet ancien lieu de fêtes et de retrouvailles, cinéma, salle de bal, de concert, de combats de boxe et de catch qu’était Le Fresnoy, devenu le vaisseau obscur d’œuvres de lumière… L’autre côté, c’est celui auquel l’art donne accès notre monde mais un autre à la fois ; soudain habité, mystérieux, enchanté, révélé… parfois convoqué par des danses et transes, des rituels guérisseurs, mais aussi par le truchement d’une technologie dont la discrétion marque la réussite… L’autre côté, c’est le monde du rêve jamais très loin d’ici. Celui des astronautes et celui des hommes préhistoriques restitués par les algorithmes. L’autre côté, ce sont ces figures de lumière spectrales qui habitent l’exposition : plus de 50 œuvres inédites, dans les domaines de l’image, du son et de la création numérique, réalisées par les artistes du Fresnoy. L’autre côté, c’est celui auquel nous accédons en pénétrant l’écran de cinéma, celui de la salle de projection au cœur de l’exposition où 29 films inédits seront projetés.
Avec Judith Auffray, Younes Ben Slimane, Anna Biriulina, Lucien Bitaux, Julia Borderie & Eloïse Le Gallo, Ghyzlene Boukaïla, Alice Brygo, Lea Collet, Anaïs-Tohe Commaret, Jerome Cortie, Rolando Cruz Marquez, Bianca Dacosta, Charline Dally, Edith Dekyndt, Guillaume Delsert, Sarah-Anaïs Desbenoit, Ana Edwards, Justine Emard, Julian García Long, Yann Gonzalez & Alain Garcia Vergara, Che-Yu Hsu, Adam Kaplan, Elina Kastler, Lina Laraki, Lou Le Forban, Pierre-Lefrançois Vérove, Ange Lempaszak, Quentin L’helgoualc’h, Ethel Lilienfeld, Marin Martinie, Gohar Martirosyan, Antoine Mayet, Joachim Michaux, Magalie Mobetie, Fredj Moussa, Marcel Mrejen, Norman Nedellec, Toshihiro Nobori, Daniel Penaranda Restrepo, Hugo Pétigny, Charlotte Pouyaud, Julie Ramage, Chuxun Ran, Sabrina Ratté, Ben Rivers, Julia Tarissan, Guillaume Thomas, Kris Verdonck, Victor Villafagne, Agata Wieczorek, Jisoo Yoo, Yunyi Zhu…